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Un document très critique à l’égard de la MGS est présenté au Forum public de l’OMC à Genève

Daniel Van Der Steen, 9 octobre 2013
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A quelques encablures de la réunion ministérielle de l’OMC à Bali (prévue début décembre), se tenait le Forum public de l’OMC, du 1er au 3 octobre, à Genève.

Le Forum public permet aux représentants de la société civile, des ONG, des entreprises, des universités, des médias et des gouvernements de débattre les questions qui les préoccupent et qui cette fois étaient liées à l’ordre du jour de la Conférence ministérielle de l’OMC.

C’est Frank Galtier du CIRAD qui présentait le document intitulé : "Pourquoi il est nécessaire de corriger les règles de l’OMC sur les stocks publics", dans le cadre d’une session sur l’importance des réserves de céréales.
Trois organisations du réseau mondial sur les réserves alimentaires (Oxfam, Institute for Agriculture and Trade Policy (IATP) et Fondation Nexus) organisaient le 3 octobre, de 9 à 10h30, cette session, qui visait à montrer le rôle que les réserves pourraient jouer dans un contexte de marchés alimentaires volatiles.

Il s’agissait de montrer aux gouvernements, réticents à l’égard des réserves autres qu’humanitaires, que dans un tel contexte, des réserves stratégiques de céréales pourraient constituer un instrument essentiel pour renouveler la confiance dans le rôle qu’est censé jouer le commerce international pour la sécurité alimentaire.

La proposition du G33 sur la constitution de réserves publiques stratégiques de céréales était au cœur d’un questionnement sur les contraintes imposées par les règles de l’OMC, via la limitation des Mesures globales de soutien (MGS) et sur les possibilités d’obtenir en la matière plus de souplesse.
Outre Frank Galtier, devaient participer aussi au débat Mamadou Goïta (Directeur exécutif de l’IRPAD) et George Rapsomanikis (Division Commerce et matières premières de la FAO).

Le document de Frank Galtier, intitulé : "Pourquoi il est nécessaire de corriger les règles de l’OMC sur les stocks publics", est fourni en attaché.

Les quelques paragraphes ci-après présentent quelques enjeux de la proposition du G33.

La proposition des pays du G33 face aux règles de l’accord agricole de l’OMC et la sécurité alimentaire

Préoccupés par la sécurité alimentaire dans le contexte de forte volatilité des prix, de nombreux pays intéressés par les stocks alimentaires et les achats institutionnels se heurtent aux verrous liés aux accords de l’OMC.

Les accords limitent en premier lieu les possibilités de mettre en place des stocks alimentaires publics, sauf pour mener des interventions humanitaires. Ils limitent dès lors l’utilisation de stocks pour réguler les marchés.
Les interventions se heurtent à la limitation des soutiens agricoles internes, dont le volume (la Mesure Globale de Soutien-MGS) a été calculé au moment de l’Accord agricole de 1992 et que les signataires de l’Accord se sont engagés à réduire (la MGS étant classée dans la boite « orange »).

Le 14 novembre 2012, l’Inde déposait, au nom d’une coalition de 46 pays en développement, ayant un tissu agricole composé majoritairement de petites exploitations agricoles, une proposition au Comité agriculture de l’OMC. Cette coalition, dénommée le G33 et qui comprend aussi la Chine, justifie sa proposition par des considérations de sécurité alimentaire et considère d’ailleurs que les programmes de détention de stocks sont un excellent moyen d’y arriver.

Le G33 propose notamment que les dispositions de l’Accord agricole relatives à la gestion publique des stocks visant à assurer la sécurité alimentaire soient discutées formellement à la Conférence ministérielle de Bali de fin 2013. Il demande de supprimer une phrase (la dernière de la note de bas de page 5 du paragraphe 3 de l’annexe 2 de l’Accord agricole) des dispositions de l’accord relatives à la gestion publique des stocks en vue de la sécurité alimentaire qui précise que ces programmes sont acceptables sous certaines conditions, mais doivent être comptabilisés dans la mesure globale de soutien (MGS) en considérant « la différence entre le prix d’acquisition et le prix de référence extérieur ».

Le G33 propose de remplacer cette phrase par une autre précisant au contraire que l’acquisition de stocks alimentaires par les PVD, avec pour objectif de soutenir les producteurs à bas revenus ou disposant de peu de ressources, ne devra pas être comptabilisée dans la MGS. Cela fournirait aux gouvernements plus de possibilités pour le stockage, l’aide alimentaire intérieure, les achats aux producteurs, le soutien des consommateurs pauvres et un certain contrôle des prix.

L’Inde, en tant que porte-parole du G33, précisait encore que ses marges de manœuvre avaient été réduites par l’augmentation des prix, rendant les limites de la « boite orange » trop contraignantes, d’où le besoin d’avoir des prix administrés plus élevés pour l’efficacité des programmes.

L’exemple montre bien que les règles commerciales ne sont plus à même d’apporter des solutions à la crise alimentaire, mais font au contraire partie du problème.






Participation au voyage d’étude « Les stratégies des organisations paysannes européennes pour augmenter le pouvoir de marché des producteurs »

Bruxelles, avril 2012

Caroline Amrom, 6 août 2013
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Ce voyage d’étude s’inscrit dans le cadre d‘un programme de « Renforcement des capacités de la VNFU dans l’utilisation des bons outils pour accompagner le développement de formes d’économie collective en agriculture ».

Organisé par le CSA, il a réuni une délégation de la Vietnam Farmers Union, une représentante d’AFA et une représentante d’AsiaDHRRA pour une suite de visites et de rencontres permettant d’aborder les différentes stratégies pouvant être mises en place pour récupérer un certain contrôle sur la mise en marché des produits.

La rencontre de différents acteurs provenant des divers niveaux de décision a permis d’obtenir une vision très large de la situation agricole européenne, des enjeux qui la caractérisent actuellement et des stratégies développées pour tenter de récupérer une en partie un contrôle sur la mise en marché des produits agricoles.


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Mai 2013 : Atelier « Renforcement des capacités de la VNFU dans l’utilisation des bons outils pour accompagner le développement de formes d’économie collective en agriculture ».

Caroline Amrom, 6 août 2013
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Ce projet vise la formation du staff de la VNFU et l’élaboration de matériel pédagogique sur les outils et stratégie relevant de l’économie collective existant et pouvant être appliqué dans le secteur agricole.

L’organisation de plusieurs modèles de formation, la production de supports pédagogique et la formation de futurs formateurs sont les principales activités du projet.

Ces ateliers ont eu pour intitulé : "Training Workshop on collective economic forms in agriculture for increased farmers market bargaining power".

Ce cycle d’atelier se justifie par le constat des obstacles et des situations critiques dans lesquelles se trouvent les petits agriculteurs et l’idetification du pouvoir de marché comme un élément clé et ce sur tous les continents.
Les argiculteurs de petite échelle et l’agriculture familiale ont souvent de très faibles capacités de négociation. Pour cela, il est essentiel qu’ils bénéficient de politiques favorables et d’un marché organisé leur permettant de vendre leur produit à un prix juste.

Les organisations paysannes se doivent de les accompagner dans l’atteinte de ces objectifs.






VNFU

Caroline Amrom, 6 août 2013
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La Vietnam Farmers Union, VNFU en sigle, est une très large organisation sociale et politique du secteur paysan vietnamien sous la direction du parti communiste vietnamien.

Elle est établie le 14 Octobre 1930 afin de rassembler, encourager et éduquer ses membres, mais aussi les représenter et défendre leurs droits et intérêts et de finalement organiser une série de services et de conseils pour améliorer leurs conditions de vie.

La VNFU est organisée en quatre niveaux du niveau central jusqu’à la base avec 63 comités exécutifs de provinces ; 655 comités exécutifs de districts et 10.474 comités exécutifs à la base pour encore 92500 branches et plus de 10 millions de membres.
La VNFU se retrouve dans toutes les communes et villages où l’on trouve des fermiers.






Formation de Leaders Paysans

Caroline Amrom, 6 août 2013
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Suite à une mission de Marius Dia (CAT/CNCR) sur la formation des leaders des paysans basée sur l’expérience sénégalaise, un document d’itinéraire de formation des leaders paysans burundais a été élaboré.
Il reprend la suite des modules à suivre ainsi que les capacités minimales pour qu’un leader soit appelé leader.

Durant la première partie du projet, 14 leaders (dont 5 femmes) ayant reçu les deux premiers modules de formation sont déjà partis à leur tour sur le terrain, pour former, chacun, 16 participants des organisations à la base : soit un total de 224 participants formés.

La formation se décline en six modules au total :

• Module 1 : Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ?

• Module 2 : Où en sommes-nous ?

• Module 3 : Planification des projets (ajouté par les participants)

• Module 4 : Où voulons-nous aller ?

• Module 5 : Comment pouvons-nous y aller ?

• Module 6 : Avec qui y aller ? Comment travailler avec les autres ?

Les modules restant seront partagés dans les mois à venir tant avec les leaders qu’avec les membres des OP à la base.






FOPABU

Caroline Amrom, 6 août 2013
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Le Forum des Organisations des Producteurs Agricoles du Burundi, le FOPABU en sigle, a été créé le 9 juillet 2009 par les grandes organisations paysannes du Burundi.

Le FOPABU regroupe 7 grandes organisations et /ou confédérations nationales paysannes représentant différentes filières agricoles : CNAC pour le café, CAPRI pour le riz, APROPABU pour les palmiculteurs, CNAPCO-GIRISHAKA pour le coton, CNATHE-NYAMUKAMIGWABOSE pour le thé, CAPAD et UCODE ASBL qui représentent de manière générale l’ensemble des producteurs.

Le FOPABU a pour mission de défendre et plaider pour les intérêts du monde rural en vue de parvenir à une agriculture professionnalisée au Burundi. Pour cela elle s’est assignée les tâches suivantes :

• Rassembler les organisations des producteurs agricoles ;

• Assurer la représentation et le plaidoyer en faveur du développement du monde rural ;

• Défendre les droits et les intérêts des organisations membres ;

• S’impliquer activement dans le suivi des politiques et programmes visant l’amélioration des conditions de vie du monde rural ;

• Contribuer à fournir des informations visant le développement du monde rural ;

• S’intéresser à tout ce qui peut contribuer à la promotion de l’agriculture dans tous ses aspects ;

• Plaider pour que les programmes de développement tiennent compte des aspects de l’environnement.






Soixante-septième session du Comité des produits de la FAO

Alex Danau, 22 avril 2009
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Lors de sa soixante-septième session, le Comité des produits de la FAO s’est penché sur les effets de la flambée des prix et les mesures prises dans ce contexte, sur l’évolution des négociations du cycle de Doha, sur les effets de distorsion des échanges causés par les mesures de soutien à l’agriculture... (Ordre du jour du Comité)

Les États membres du Comité, en présence de quelques rares ONG et autres organisations, parmi lesquelles celles ayant organisé un événement en marge de la session, ont examiné les documents d’analyses proposés par le secrétariat. Les discussions qui ont suivi la présentation de chaque document préparatoire, hormis des questions de procédure, ont soulevé assez peu de remarques, sinon les félicitations lancées à leurs auteurs ainsi qu’en général à la FAO.

La délégation de l’Argentine s’est assez bien impliquée, donnant la réplique à l’Union européenne qui s’exprimait d’une voix unique pour ses 27 Etats membres, auquel était associée la délégation de la Turquie. Ce fut en particulier le cas lors du traitement du point 3 de l’ordre du jour basé sur la présentation des documents 09/08 : « mesures prises face à la hausse des prix des denrées alimentaires », 09/9 : « Vers la formulation de politiques visant a réduire les effets de distorsion des échanges causés par les mesures de soutien à l’agriculture », 09/10 : « Conséquences macroéconomiques et gestion des fluctuations des prix des produits alimentaires ». L’enjeu en était pour l’Argentine de contre balancer les paragraphes épinglant les restrictions aux exportations qui ont été utilisées lors de la flambée des prix par la mise en cause des soutiens à l’agriculture utilisés par les pays développés.

Le Document 09/09 sur la réduction des distorsions des échanges causées par les mesures de soutien à l’agriculture se prononce très clairement en faveur des systèmes d’aides découplées. La part des aides découplées augmente dans les pays de l’OCDE, comme le rappelle le document de la FAO, ce qui n’empêche pas la volatilité des prix d’augmenter sur les marchés internationaux de produits agricoles. De notre point de vue, le découplage est un leurre dont les principaux défauts sont leur impossible universalité, à cause de leur coût budgétaire (quasiment inaccessible pour les pays en développement et difficile à justifier auprès de l’opinion de l’union européenne) et la contrepartie de leur utilisation qui est l’abandon des mesures de régulation des marchés, en ce y compris les mesures de gestion de l’offre. L’utilisation des aides aux revenus découplés à été négociée lors du cycle d’Uruguay sur la base d’une entente (Accord de Washington) entre les États-Unis et l’Union européenne pour se prémunir contre l’adoption de mesures de libéralisation.

Ce que montre pourtant la crise alimentaire, c’est que se sont les droits de douane qui constituent l’instrument le plus universel. Cette universalité est certainement un important avantage, car ils sont non seulement utilisables par les pays en développement, mais ils génèrent des sources financières importantes pour ces pays. Les droits de douane permettent surtout de réguler les effets des marchés internationaux et donc de soutenir la production intérieure. Mais, même a contrario comme le constate le document de la FAO (§9), l’efficacité des droits de douane est d’autant plus importante que leurs niveaux sont élevés.

Parmi d’autres commentaires, certains membres du Comité des produits ont par ailleurs demandé que le terme de « volatilité » des prix sur les marchés internationaux soit remplacé par celui de "fluctuations" (les termes retenus dans le rapport sont « turbulences » et « fluctuations »), sans doute cela fait-il moins désordre. Le rapport acte « la forte capacité de réactions des producteurs aux variations de prix » (rapport, § 6), s’inquiète du « regain d’intérêt manifeste pour l’autosuffisance alimentaire en tant que moyen de garantir la sécurité alimentaire » (§ 23)... Autrement dit, le Comité des produits de la FAO renouvelle sa pleine confiance « aux vertus de la libéralisation » quitte à en occulter les effets et souhaite éviter toute intervention sur les marchés, s’imposant en cela de n’être qu’une chambre d’entérinement des négociations de l’OMC.

Pourtant, la nécessité de soutenir la production agricole a été reconnue, mais a conduit à quelques remarques ne manquant pas d’ambiguïtés. Ainsi, suite à la remarque de la délégation du Japon qui a défendu la nécessité pour les pays développés de soutenir leur agriculture, mais également les contraintes (territoriales) que pose cette option de sécurité alimentaire, il a été affirmé qu’il serait plus judicieux que les pays riches investissent dans l’agriculture des pays pauvres, en y augmentant les investissements directs pour que ces pays accroissent leur production. Faut-il entendre par là que la sécurité alimentaire des pays riches serait donc assurée par la « mobilisation » des ressources foncières des pays pauvres (land grab) ?

Le Comité des produits a à peine évoqué la question des stocks et ignoré complètement l’incidence de la faiblesse des stocks et l’utilité que ceux-ci ont, tant par rapport à la sécurité alimentaire que pour réguler les marchés et dissuader la spéculation. Le rapport note que « Certains membres ont suggéré en outre que la FAO procède à une analyse de la possibilité et de l’éventuelle contribution de plans alternatifs relatifs aux réserves internationales de céréales » (§ 24). Sibyllin et probablement virtuel, s’agissant des stocks.

Bien que l’Afrique soit particulièrement concernée par la crise alimentaire et financière ainsi que par la ruée sur ses ressources, la présence des délégations africaines ont brillé par leur apathie si ce n’est le délégué du Cameroun qui a toutefois rappelé les émeutes de la faim et la nécessité des États d’intervenir, car en fin de compte « la paix n’a pas de prix... ».

Mais que vaut la souffrance des 963 millions de personnes qui ont faim face à la libéralisation surtout soutenue par l’agrobusiness ?






Madrid High Level Meeting on Food Security for all: a big show with little results

Marek Poznanski, 19 February 2009
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Several members of the European Food Security Group, including myself, attended the High level meeting on "food security for all" in Madrid on the 26th and 27th of January 2009. This meeting was organized by the by Zapatero, the President of the Spanish Government, to comply with his commitment made during the last Rome Summit on the food crisis (3 - 5 June 2008) to host a High Level Meeting in Spain.

The main objectives announced for this Meeting were:

  1. to analyze the progress made since the last Rome Summit,
  2. to agree on the next priorities for immediate action, as well as for establishing medium and long term measures and results,
  3. to get a commitment to achieve these objectives in order to accomplish the Millennium Development Goals aimed at reducing hunger and poverty.

Even if those objectives looks very serious, the way the meeting was prepared (without much consultation and within a few weeks), his format (very few debates, if we except some round-tables, but without connection to any results) and the inexistence of any official declaration or document to agree on before the conference made very difficult for us from the Civil society/NGO side, but also for a lot of governmental delegates, to really understand the process and the issues at stake, from the beginning of the Conference. The result was that the Conference looked more as a show than as a meaningful process, leading the delegates of Concord and other CSOs/NGOs to question, from the beginning, about the opportunity of our participation, even if this impression changed later.

Gradually, tree majors’ issues appear to be directly or indirectly at stake:

1) The first one was the Zapatero’s willingness to make of the Madrid meeting a pledging conference. In his capacity as Chairman of the IDEAS Foundation (but not as Spanish President of Government), Zapatero invited Jeffrey Sachs to lead an Ad Hoc Advisory Group on Food Security to develop recommendations for improving smallholder food production.
This report advocates the establishment of a Multi-Donor Trust Fund (MDTF) for the Global Food Crisis based in the World Bank, with a Financial Coordination Mechanism (FCM). _ The Spanish Government pledged, during the Conference, to commit a billion Euros (number to be checked) on the next few years for the agricultural cooperation. To my understanding, this attempt to use the Conference for the promotion of the MDTF and the FCM was strongly rejected, between closed doors, by almost all EU Member’s States and was not officially proposed by the Spanish Government.

The speech presenting the report (I didn’t read the report itself yet) by Jeffrey Sachs was, for me and a lot of people, very simplistic and demagogical.
He said that there were just two things to do to cope with the food crisis:

  • one was to distribute food to the hungry, something that WFP was doing very well (this was not developed in his speech);
  • the second thing on which the report focused was to boost the productivity of smallholders, by giving the needed funds to the Southern Governments in order to make them able to provide input (seed and fertilizer) to the small farmers. But nothing was said about the empowerment of farmers, about rights or unfair policies; we had just a 30 minutes long speech repeating the same motto: you have just to give funds to the Southern Governments, and they know how to use it for providing inputs in order to boost the productivity of smallholders; and by this way save millions of lives.

2) The second is the inclusion of the right to food as the third pillar besides the already existing twin-track approach taken by the Comprehensive framework for action, with the food assistance and safety nets from one side and the improvement of small holder agriculture on the other side.

In the closing remarks of UN Secretary General, Ban Ki Moon, the Right to Food was emphasized as the basis for analysis, action and accountability of all activities to improve food security. This inclusion shows certainly the excellent work that is doing the new UN Special Rapporteur on the right to food, Olivier de Schutter, even if it is not really clear if Ban Ki Moon sees really all the implications of the dimensions given by Olivier to the right to food.

3) Finally, the most important issue discussed during the Madrid Conference, and the only really negotiated in the final declaration, was the Global Alliance for Agriculture and Food Security. This initiative comes from the last Rome Summit, where Nicolas Sarkozy proposed the establishment of this global alliance for agriculture and Food Security that must enlarge the existing UN High Level Task Force (HLTF) on the Global Food Security Crisis to government, civil society and private sector. This initiative draw up, before and during the Conference, a lot of questions and even suspicion from some civil society representatives or institutions. The main criticism by a lot of civil society representatives is that the "Global Partnership" is mainly pushed by the G8 countries and will give too much influence to Multilateral Institutions like the World Bank, the IMF and the WTO. The fear is that this would give to the Transnational Companies (TNCs) and the big Foundations (such as the Bill Gates Foundation) an official seat at the discussion table. The fear was also that the FAO and other UN agencies based in Rome, despite their mandate and expertise to implement effective programs, are isolated and marginalized.

The way that the Conference was prepared and the lack of real consistent efforts to bring representatives of farmer’s organizations and other representatives of the civil society in the debate in Madrid only increase this fear for the process of the Global Alliance.
It is in those circumstances that the representatives of the European Food Security Group (EFSG) of CONCORD were invited, a little bit by chance, the evening of the 26th, to a "close doors" meeting on the Global Partnership on Agriculture and Food Security between the civil society, David Nabarro (the coordinator of the High Level Task Force on Global Food Security) and his team and two Spanish Government delegates.

To our view, it was an excellent meeting that certainly changes our perspective on the utility to be present in Madrid. Facing the very arch criticism of the civil society, Nabarro tried in a sincere manner to explain his vision and the difficulty related to the global partnership and the relation with the FAO. He and the Spanish Government delegates recognize and regret the limited dialogue with the civil society prior to the Conference. They particularly listen with openness to the views expressed the EFSG representatives and carefully tooks note of them. The second day of the Conference, we were very surprised that most of our concern on the Global Partnership expressed during our meeting were literally endorsed in the Spanish Minister speech and, later, in the final declaration of the Conference in the paragraph 11, written as follow:

11) They agreed on the importance of an inclusive and broad process of consultation on options leading to the establishment of a Global Partnership for Agriculture, Food Security and Nutrition, which starts at the Madrid High Level Meeting. They emphasized the importance of the following elements of a consultation process, which should be convened and facilitated by the members of the UN HLTF:

a. The consultations should be open to the full range of stakeholders involved in agriculture, food security and nutrition (including farmers’ organizations, civil society organizations, women’s organizations, private sector, developing country governments, and both regional and international organizations).

b. A representative contact group, accountable to all interested partners, should be established to guide and oversee the consultation process.

c. The process of consultation should have a sound methodology that is based on best practice, involves participation at multiple levels and includes regular feedback to all stakeholders.

d. The contact group should identify and highlight positive examples of ongoing partnerships.

This constructive move didn’t avoid a strong rejection of the results of the Conference and especially the Global partnership by an important number of CSOs/NGOs present in Madrid, in a declaration "Accelerating into disaster – when banks manage the food crisis"
prepared in advance and released at the end of the Conference.

But this declaration was done without any consultation with the EFSG representatives in Madrid and is not taking into account some of the new elements on the way to organize the Global Partnership endorsed in the Madrid declaration.

Contrarily to the skepticism of the civil society on the Global Partnership, there was a very strong endorsement of this Global Partnership by some UN Member States, especially the European countries.

Remarks: After the Conference we were informally inform that the initial process for establishing consultations around the Global Partnership on Agriculture, Food Security and Nutrition (GPAFSN) is being taken forward through an intergovernmental mechanism. At the same time, member organizations in the UN Secretary-General’s High Level Task Force on Global Food Security have agreed to establish a network of potential partners who will support the development of functioning partnerships within countries and at regional level. David Nabarro will ensure that the full capacities of this network - and the small Secretariat that works with him - are at all times contributing to the consultations on the Global Partnership.

Marek Poznanski


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Suite à la flambée des prix des produits alimentaires, le CNCR réunit les partenaires sociaux du Sénégal pour plaider la souveraineté alimentaire

Alex Danau, 23 janvier 2009
Mots-clés:

La flambée des prix alimentaires laisse une population appauvrie. Les ménages ont fait feu de tout bois pour résister. Les femmes, en charge des dépenses d’alimentation ont du se débrouiller, vendre leurs bijoux, leurs belles tenues. Les familles qui détenaient du bétail ont parfois été contraintes de le vendre, à tel point qu’alors que le prix du riz à la consommation avait doublé, les animaux avaient perdu une bonne partie de leur valeur. La débâcle.

On pourrait penser que ces cours des matières premières ont pu apporter un surcroît de revenu aux producteurs, mais il n’en a rien été car les coûts de production étaient à l’avenant (prix du carburant, des aliments pour le bétail...) et la campagne de commercialisation impréparée. Le Gouvernement pense nous faire un cadeau en proposant 165 FCFA le kg d’arachide, alors que son coût de production « bord champ » est de 191 FCFA » rapporte un leader paysan, pointant du doigt la déconnexion complète du Gouvernement, en rupture de dialogue avec les organisations agricoles.

C’est dans ce contexte particulièrement difficile que le CNCR réunit les partenaires sociaux du Sénégal pour plaider la souveraineté alimentaire. Fédérations d’agriculteurs, d’éleveurs, de commerçants, du patronat, ONG se sont réunis pendant trois jours pour envisager les stratégies de réponse à cette crise.

« Nous sommes entré dans une nouvelle ère », dit Mamadou Cissokho, président d’honneur du ROPPA, dans son allocution de clôture. « La population augmente, les stocks alimentaires sont vides et les paysans contraints de quitter leur métier, tant il est difficile d’en vivre. Les autorités devraient enfin comprendre que ce paradoxe est suicidaire et appelle des réponses plus adéquates. »

Il en appelle aussi à la responsabilité des ruraux et des urbains, attachés à leurs plats quotidiens de riz, alors que le Sénégal importe les deux tiers de sa consommation (pour une facture d’importation de 400 milliards de FCFA). « Il est temps que nous tous, sénégalais consommions essentiellement ce que notre agriculture peut produire. Il y va de notre souveraineté alimentaire et de notre avenir. »

Déclaration finale et documents de travail






Audition de la Commission spéciale "Climat et développement durable" du Parlement Fédéral belge

Alex Danau, 14 juin 2008
Mots-clés:

Nous avons répondu à l’invitation de la Commission spéciale "Climat et développement durable" de la Chambre des Représentants du Parlement fédéral belge qui organisait une audition sur la crise des prix alimentaires.

Il nous intéressait tout particulièrement d’entendre la présentation du professeur Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation, notamment après la difficile clôture de la Conférence de haut niveau de Rome.

Le Rapporteur spécial a longuement présenté son analyse de la situation (Retranscription provisoire) [1].

Il a énoncé les quatre facteurs ayant concouru à la hausse des prix alimentaires.

Il place en premier lieu l’augmentation "extrêmement spectaculaire et rapide du prix du pétrole, passé de 30 dollars le baril en 2000-2001 à 135 dollars aujourd’hui."

"Le deuxième facteur est le déséquilibre constaté aujourd’hui entre l’offre et la demande sur les marchés des matières premières agricoles."

"Le troisième facteur est, quant à lui, un facteur sur lequel beaucoup d’observateurs se sont penchés, car c’est celui sur lequel il est le plus facile d’agir. Ce n’est pas le plus important. Mais c’est certainement celui pour lequel il est le plus aisé de faire marche arrière. Il s’agit du développement des politiques qui visent à promouvoir les agrocarburants."

Finalement, il épingle la spéculation sur les marchés agricoles :

"La spéculation est un problème pour les consommateurs puisqu’elle accentue la hausse des prix. C’est un problème aussi pour les producteurs agricoles qui ne savent pas à quel prix ils vont pouvoir vendre leurs récoltes et qui ont, par conséquent, un accès plus difficile aux crédits. C’est par ailleurs un problème pour les États qui ne savent pas ce que vont coûter les programmes sociaux qu’ils veulent mettre sur pied pour aider les populations qui subissent l’impact de la hausse des prix.
Peut-on lutter contre la spéculation ? Oui, c’est possible. Des pistes sont explorées au plan international. La piste la plus souvent évoquée est la reconstitution de stocks alimentaires au niveau régional ou international permettant d’écouler des denrées agricoles alimentaires sur les marchés lorsque la fièvre sur les prix se fait jour et afin de couper l’herbe sous le pied de la spéculation..."

C’est un aspect de la crise que la Déclaration de la Conférence de haut niveau passe sous silence. Par ailleurs, ne faudrait-il pas aussi se préoccuper de la spéculation à l’oeuvre sur les marchés pétroliers ? C’est bien la hausse des produits pétroliers qui induit probablement la plus forte pression sur les prix agricoles. C’est également cette hausse qui détermine celle des prix des agrocarburants, lesquels lient directement les cours de ces matières premières.
Il serait donc bienvenu de lutter contre cette hausse spéculative aussi bien que contrecelle des produits agricoles.
Il était donc intéressant d’écouter le professeur De Schutter présenter les principales réactions de la Communauté internationale.
- La première réaction concerne les initiatives que la FAO et le PAM, par exemple, ont prises dans un cadre d’aide d’urgence.
- Le troisième type de réactions, c’est le fait que les programmes sociaux ont été étendus dans un certain nombre de pays pour protéger la population contre l’impact de la hausse des prix alimentaires.

- Le quatrième type de réactions, c’est la concertation de la communauté internationale.

Nous mettons en exergue le deuxième type de réaction, parce que c’est celle qui nous interpelle le plus.

- "Le deuxième type de réaction consiste en des réactions que les États ont eues en ce qui concerne leur politique commerciale. Certains États ont restreint les exportations de denrées alimentaires pour se protéger d’une conséquence d’une hausse des prix et pour protéger leur population contre le risque de pénuries alimentaires. Certains États exportateurs, comme l’Indonésie, l’Inde ou l’Argentine, ont imposé soit des interdictions d’exportation, soit des taxes élevées à l’exportation pour limiter le risque que leur population soit affectée par la hausse des prix sur les marchés internationaux. Ces réactions, pour compréhensibles qu’elles soient, ont eu un impact néfaste, car elles ont nourri la spéculation sur les marchés internationaux, elles ont conduit à une augmentation des prix sur les marchés internationaux - c’est évident - et elles ont rendu plus cher les importations de denrées alimentaires pour les pays importateurs nets de denrées alimentaires."...

...« Le problème, c’est que ces réactions n’ont pas été coordonnées, mais unilatérales et dictées par des considérations essentiellement de politique intérieure. S’il est une chose positive dans le sommet alimentaire mondial qui a eu lieu à Rome du 3 au 5 juin, c’est que les pays se sont parlé et se sont entendus sur la nécessité de se concerter sur leurs réactions à la crise. »

Il est révélateur que le problème que pose ce type de mesures soit identifié comment étant leur unilatéralisme alors que le troisième type sont également des mesures unilatérales, à ceci près, qu’elles ne mettent pas en cause le système commercial international.

C’est là un bien mauvais bout pour aborder ce que nous considérons comme la cause la plus déterminante de la crise, soit la libéralisation du commerce des produits agricoles et la mainmise des règles commerciale sur les politiques agricoles.

On comprend la réticence de nombreux États à accepter que certains pays prennent des mesures de protection en contradiction avec les théories qu’ils défendent à l’OMC. C’est d’autant plus difficile à accepter lorsque ce pragmatisme est le fait d’un des fervents défenseurs de l’ouverture des marchés agricoles, parce qu’il est grand pays agroexportateur.

C’est tout de même prendre la proie pour l’ombre, car si l’on peut admettre, ne considérant que la hausse des prix, que les mesures prises par certains pays, notamment par l’Argentine, ont eu une incidence sur les marchés internationaux, il faut dire que d’une part, le premier devoir des États est bel et bien de protéger leurs populations, fut-ce au détriment des marchés internationaux et que d’autre part, la Communauté internationale en est bien incapable.

Il serait, bien entendu, préférable que l’ensemble de la Communauté internationale prenne des mesures pour combler les déficiences de ces marchés internationaux. Mais non seulement elle ne le fait pas, mais elle appelle à une libéralisation plus importante.

Elle peut le faire en révisant les règles de l’Accord sur l’agriculture de l’OMC, non pas comme elle le souhaite, mais s’abstenant de désintrumenter les politiques agricoles.

Elle peut aussi, se doter d’accords de régulation des marchés internationaux des produits agricoles.

L’un des instruments nécessaire réside dans la constitution de stocks. C’est justement une des voies que le Rapporteur spécial explore, mais qu’il cite dans le cadre de la dissuasion de la spéculation. Il va jusqu’à proposer à la Belgique de prendre l’initiative sur ce sujet : « ... la Belgique doit forcer un débat sur la reconstitution des réserves alimentaires, des stocks alimentaires, sur le plan régional ou international. Si l’idée a été évoquée par certains intervenants dans les conférences internationales que j’ai mentionnées, elle n’a jamais été approfondie. Jamais personne n’a pris l’initiative d’instruire ce dossier de manière approfondie. Pourquoi la Belgique ne prendrait-elle pas l’initiative de demander à un groupe d’experts de travailler sur la faisabilité de ce scénario qui aujourd’hui n’est exploré de manière approfondie par aucun organisme ?"

Concernant la libéralisation du commerce, il est bon de savoir que le Rapporteur spécial compte en évaluer l’incidence sur la sécurité alimentaire.

Il met en garde sur les risques de promouvoir une révolution verte inadéquate en réponse à cette crise et nous renvoie aux conclusions du rapport de l’"Évaluation internationale des sciences et technologies agricoles au service de développement". Relancer l’agriculture est indispensable, mais en en vérifiant les effets sociaux sur les agriculteurs et les effets sur l’environnement.


titre documents joints

  • Audition de la Commission spéciale "Climat et développement durable" de la Chambre des Représentant du Parlement Fédéral belge 11 juin 2008-06-13
    [compte-rendu provisoire] Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit àl’alimentation





La Déclaration de la Conférence de Haut Niveau - Conclusion

La Communauté internationale en dame patronnesse

Alex Danau, 9 juin 2008
Mots-clés:

Vendredi dernier, j’avais vainement tenté de me procurer la déclaration finale de la Conférence, adoptée tardivement. Quelques coups de téléphone infructueux, deux visites sur le site de la Conférence.
Ce dimanche matin, je retente ma chance sur la page réservée aux documents de la conférence, sans succès, mais dans le menu à gauche j’aperçois "Déclaration sur la sécurité alimentaire mondiale". Je clique, la voilà, directement attachée au "bouton du menu".

L’Argentine a-t-elle eu gain de cause et obtenu la suppression du mot "restrictif" ? Non, il y figure toujours (paragraphe 6 e). Comme l’avaient souhaité les autres groupes régionaux (voir article précédant du blog), la déclaration a été adoptée telle quelle, si ce n’est un dernier toilettage de forme et l’ajout du paragraphe rappelant la stratégie de Maurice en faveur des petits Etats insulaires.

Revenons sur ce blocage, sur la préoccupation de l’Argentine et sur la logique qui pousse les autres blocs régionaux à ne pas la suivre. L’Argentine fait partie du groupe de Cairns, composé des grands pays agroexportateurs très favorables à l’ouverture des marchés agricoles. C’est ce groupe qui a obtenu, dans la déclaration, le paragraphe demandant la libéralisation complète de l’agriculture (paragraphe 7 e- ex paragraphe 11).

De ce point de vue, leurs membres, et donc également l’Argentine, ont obtenu gain de cause sur un point extrêmement contestable dans ce contexte de Conférence sur la Sécurité alimentaire mondiale.

La Communauté internationale affirme donc que c’est la libéralisation de l’agriculture (paragraphe 7 e- ex paragraphe 11) qui permettra, en particulier pour les producteurs des pays en développement, d’atteindre la sécurité alimentaire. Rien n’est plus contestable. Selon notre analyse, ce serait plutôt le contraire.

Toute la difficulté pour ces pays agroexportateurs, défendant ce qu’ils ont érigé en dogme, c’est de donner le change quand ils sont pris en défaut. C’est bien la situation dans laquelle se débat l’Argentine, laquelle, pour limiter les difficultés intérieures et diminuer la pression sur les prix, a pris des mesures "restrictives" pour limiter ses exportations. Ce faisant, elle a pu accentuer la tension sur les prix internationaux.

Pragmatique, le gouvernement argentin a donc utilisé les instruments dont il disposait pour résoudre un problème intérieur, conscient en cela qu’il n’y avait pas d’autre alternative en l’absence d’instruments internationaux. Il est loin d’être le seul gouvernement à avoir tiré ces conclusions.

Mais afficher le pragmatisme sur ce plan, c’est affaiblir la détermination à conclure un nouvel Accord à l’OMC renforçant la libéralisation. La Communauté internationale est restée ferme sur ce point.

Finalement, la déclaration est assez décevante et sans surprise. La Communauté internationale maintient son mercantilisme et utilise la crise des prix alimentaires pour forcer la clôture d’un nouvel accord sur l’agriculture à l’OMC.

Mais elle se veut également "dame patronnesse" au chevet de la pauvreté - qu’elle accroît par ailleurs- en souhaitant multiplier les bonnes actions : refinancer l’aide alimentaire d’urgence, apporter une aide à la balance des paiements pour les pays en difficultés, demander un meilleur soutien des petits agriculteurs.

De fait, quelques paragraphes s’adressent tout particulièrement à un meilleur financement de l’agriculture, ce dont nous nous réjouissons. Mais n’était-ce pas là le moins que l’on pouvait attendre de la FAO et du FIDA dont c’est la fonction depuis leur création respective, 1944 pour la FAO, 1977 pour le FIDA, lequel a été créé suite à la crise alimentaire du début des années septantes ?

La Déclaration






Audition De la Commission AGRI du Parlement européen

Alex Danau, 9 juin 2008
Mots-clés:

Lundi après-midi, la commission agriculture et développement rural du Parlement européen a organisé une audition sur le ilan de santé de la PAC.

Trois volets étaient à l’ordre du jour : la réforme des mécanismes de soutien, celle du système de découplage et enfin comment faire face à l’instabilité des marchés agricoles. Huit experts ont exposé leur point de vue sur l’un des sujets.

Il ressort de l’ensemble des débats une double inquétude. La première concerne la perennisation de la PAC liée au débat sur les affectations des ressources budgétaires et à sa justification. Les orateurs et les parlementaires sont intervenus dans le même sens. La PAC est indispensable et il faut veiller à ne pas l’affaiblir.

La seconde inquiétude porte sur la (re)nationalisation de PAC qui sera induite par la réformes proposée par la Commission européenne. De fait, outre une plus grande dispersion dans la mise en oeuvre des mesures particulières, les Etats membres devront en cofinancer une partie plus importante. Bref, cela donne une Union européenne qui va à reculon.

Le débat sur les mécanismes de soutien direct aux revenu en montre la complexité autant que les larges insatisfactions du système. Le système manque d’adaptabilité, par rapport aux références historiques utilisées pour attribuer les revenus, à la situation effective sur les marchés (nous sommes en période de "haut prix" et par rapport à la diversité des situations (régions ou territoire...).

Les besoins et les moyens de régulation des marchés ont également été débattus. L’intervention doit absolument être maintenue, a affirmé Daniel Perrin, l’un des orateurs invités. Il faut tenir compte des expériences passées en la limitant quantitativement. Mais c’est un instrument de soutien des prix, de stabilisation des marchés et de sécurisation par l’existence de stocks qui est indispensable.

Souhaitons qu’il soit entendu, mais déjà le président de la commission de l’agriculture, Neil Parish (PPE-DE, Royaume-Uni) fait valoir sa position, toute britanique. Laissons faire les marchés...






Echos du Forum parallèle à la Conférence gouvernementale « Terra Preta » organisée par le CIP

Daniel Van Der Steen, 7 juin 2008
Mots-clés:

Le « Forum sur la crise alimentaire, le changement climatique, les agrocarburants et la souveraineté alimentaire » a été organisé du 1er au 4 juin 2008 à la « Cité de l’autre économie » sur le site préservé des anciens abattoirs de Rome (« ex Mattatoio »).

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Salle de l’ex Mattatoio

Le Forum tire son nom du vocable de « Terra Preta », ou « sol noir » en portugais, qui désigne le sol incroyablement fertile créé par les peoples indigènes en Amazonie centrale. Encore aujourd’hui il continue à se régénérer de lui-même, la recherche n’ayant pas réussi jusqu’à présent à en expliquer les mécanismes.

Le Forum était organisé, avec des apports financiers réduits, par le CIP, Comité international de planification de la société civile auprès de la FAO. Y étaient conviés une centaine de représentants d’organisations de divers secteurs : agricole (paysans et producteurs familiaux, pasteurs, pêcheurs, exploitants forestiers, peuples indigènes, travailleurs agricoles et migrants...), environnement, coopération au développement, etc. en provenance de différents continents.

Comme d’habitude pour ce type d’évènement, les délégués étaient répartis entre les différents secteurs et continents, avec une priorité pour les organisations de producteurs, mouvements sociaux et organisations proches de la Via Campesina. Le CSA y a participé en tant qu’observateur.

Trois groupes de travail ont été formés afin de discuter des thèmes prioritaires, les conclusions étant rassemblés dans une déclaration finale qui a été lue à la Conférence de haut niveau de la FAO. Les thèmes prioritaires ayant été abordés étaient : la crise alimentaire, l’agriculture et le réchauffement planétaire, les agrocarburants.

La déclaration finale, parue d’abord en anglais, se trouve en attaché.
Le constat fait par les participants au Forum est de déplorer que ce sont les politiques mêmes à l’origine des divers problèmes actuels, en particulier la crise liée à la hausse rapide des prix agricoles et le réchauffement climatique, qui sont appelées par les gouvernements à la rescousse pour résoudre ces problèmes.

Ces politiques néolibérales ont en effet largement contribué à marginaliser ou à détruire les systèmes de production qui constituent pourtant la clé de la sécurité alimentaire - par les emplois et les revenus procurés - à des milliards de producteurs de l’agriculture paysanne et familiale dans le monde, et qui sont les premières victimes de la situation actuelle (même si, me semble-t-il important d’ajouter, la crise des prix actuelle touche pour la première fois également les plus pauvres parmi les Urbains).

Pour les participants du Forum, la remise en question de ces politiques néolibérales est un préalable à une réponse à la crise, de manière à soutenir et protéger - plutôt que détruire - les systèmes agricoles et autres activités productives (comme la pêche, le pastoralisme et l’activité des peuples indigènes), dont le développement pourrait le mieux répondre aux nouveaux défis d’aujourd’hui. Ils appellent aussi à repenser le modèle agricole dominant, de manière à ce que l’agriculture apporte sa part déterminante à solutionner les nouveaux défis qui se posent à la planète en matière de sécurité alimentaire et d’environnement.

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Réunion dans la salle Philippines de la FAO

Le refus des agrocarburants figure parmi les revendications, mais le texte de la déclaration du Forum va bien au-delà en mettant au centre deux principes essentiels : la souveraineté alimentaire et le droit à l’alimentation.

Deux regrets néanmoins quant à l’organisation du Forum.
D’une part la participation trop limitée car peu encouragée des organisations de producteurs agricoles membres de la FIPA, ce qui permettrait d’élargir les alliances pour un combat déjà particulièrement inégal.

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Nous ne sommes pas seuls àblogger
Blog de l’IATP

D’autre part, l’absence d’un mécanisme de coordination plus large (que les quelques organisations membres du CIP) avec les autres organisations de la société civile, qui permettrait d’obtenir un impact plus important sur les délégations grâce à une capacité d’influence plus importante que les ONG et organisations de la société civile pourraient avoir si elles étaient mieux organisées entre elles.

Daniel Van Der Steen, Collectif Stratégies Alimentaires
Comité international de planification (CIP) pour la souveraineté alimentaire, Point focal géographique pour la Région européenne






Difficile clôture de la Conférence de haut niveau

Alex Danau, 6 juin 2008
Mots-clés:

15h30, la salle plénière de la FAO est bondée. Tous attendent la déclaration de la Conférence.

17h45, mal avisé, j’ai réservé le vol de 20h40 pour mon retour, de surcroît avec une compagnie low cost qui dessert Rome via l’aéroport de Ciampino.

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Ce sera difficile d’y arriver avec les embouteillages et les mauvaises liaisons avec cet aéroport. J’arriverai chez moi la nuit bien avancée, sans avoir en poche cette Déclaration.

Le blocage était complet depuis mercredi soir, lorsque le Comité Plénier a tenté l’adoption désormais sans crochets du projet final voir article précédant du blog .Ce fut le même blocage jeudi midi, après une nouvelle suspension de séance devant permettre des négociations à huis clos. Le président se veut résolument optimiste et propose que les représentants des groupes régionaux puissent encore se consulter à 15 heures, différant légèrement la séance de clôture.

En route pour le bureau, ce matin l’esprit un peu embrumé après cette nuit de sommeil trop courte, j’écoute le flash d’information sur la chaîne radiophonique publique belge francophone. La déclaration a été adoptée fort tardivement. L’avis des ONG serait mitigé. Satisfaites que la Conférence ait mis le focus sur l’agriculture, mais déçues que la déclaration n’ait pas clairement statué sur la question des subventions agricoles ni sur celle des biocarburants.

Il me semblait que le discours de ces ONG « anti PAC et anti Farm Bill » avait quelque peu évolué ces dernières années. J’aimerais le vérifier et voir si ce n’est pas la rédaction de notre chaîne de radio qui relaie une information pré formatée par les agences de presse. Toujours est-il que ce type d’information réductrice procède d’un véritable travail de sape qui pollue ce difficile débat sur l’agriculture et l’alimentation.

Cela dit, ces ONG auraient tort de se plaindre, car la déclaration a bel et bien retenu, à notre grand regret, le paragraphe 11 demandant « …la libéralisation des échanges internationaux de produits agricoles en réduisant les obstacles au commerce, et les politiques qui sont à l’origine de distorsions des marchés. » En clair, réduire les barrières tarifaires et non tarifaires ainsi que les subventions à l’agriculture.

C’est bien volontairement que je n’ai pas abordé plus tôt la question des biocarburants, car je suis convaincu qu’elle constitue un véritable leurre dans ces négociations.
Les négociateurs auraient passé plus de 18 heures sur le paragraphe concernant les biocarburants, soit environ un tiers du temps global de l’ensemble des discussions.

C’est considérable pour ce paragraphe qui, par ailleurs, balise le contexte de la production de biocarburants.
Utiles, s’ils sont produits en respectant les trois piliers du développement durable (« développement durable" apparaît trois fois dans ce paragraphe, « durable » quatre fois) et compte tenu de la nécessité de parvenir à la sécurité alimentaire mondiale.

Fort bien, mais combien de temps passé sur la régulation des marchés agricoles ? Sur la nécessité pour tous les producteurs de bénéficier d’une stabilité et d’une prévisibilité des prix pour pouvoir investir et pérenniser leur exploitation ?
Quels efforts les négociateurs auront-ils consentis pour réhabiliter les dispositifs de stockage des produits vivriers ? Assurer la sécurité alimentaire sans stocks permanents est une hérésie.

C’est aussi une incitation à la spéculation, phénomène important dans la flambée des prix, dont la rente est le résultat de la spoliation de tous les ménages de la planète.

La déclaration est muette sur le sujet.


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La Conférence aura-t-elle sa Déclaration ?

Alex Danau, 5 juin 2008
Mots-clés:

Hier 4 juin, la séance de discussion sur le projet de déclaration de la Conférence s’est terminée vers 23 heures, sans que le document ne soit endossé par l’ensemble des Etats participants. C’est à 19 heures que le groupe de rédaction avait déposé le projet final, vierge de tout crochet.

Une bonne et une mauvaise nouvelle. L’alinea c du paragraphe 6 qui concerne les stocks de sécurité et les mesures de stabilisation des prix agricoles est non seulement conservé, mais amélioré.
La mauvaise, c’est le maintien du paragraphe 11 concernant la libéralisation complète de l’agriculture.

Les délégations qui ont pris la parole se sont toutes félicitées du travail accompli, même si elles ont pour la plupart insisté sur le compromis qu’elles ont dû accepter pour pouvoir aboutir.

Les blocs Asie, Afrique, Moyen Orient, Amérique du Nord, Union européenne ont accepté la déclaration par la voix de leurs portes-paroles pour autant que le document ne soit plus modifié.

Le Mexique et le Venezuela ont demandé une suspension de séance au nom du groupe Amérique latine et Caraïbes, pour pouvoir traiter de quelques réticences. Les quarante minutes n’ont pas suffi et finalement le Président a du se rendre à l’évidence et remettre la fin des discussions au lendemain.

Il ne reste donc plus qu’une heure ou deux pour pouvoir arriver au compromis final et doter la Conférence de haut niveau de sa Déclaration.

L’Argentine tient à ce que l’alinea e du paragraphe 6 soit modifié. Il porte sur les mesures de restriction aux exportations : « ... nous réaffirmons la nécessité de limiter le plus possible les mesures restrictives qui pourraient accroître la volatilité des cours mondiaux ». Elle souhaite que les mots mesures restrictives soient remplacés par « toutes les mesures ». La nuance est de taille.

Pour certains membres de l’Union européenne, un compromis serait possible en troquant cette modification par la suppression du paragraphe 11 proposant une libéralisation complète de l’agriculture. Cela au nom des agriculteurs des pays en développement.

Ce sera sans compter avec les Etats-Unis qui n’entendent plus changer quoi que ce soit dans le texte.

Il est 11 heures jeudi 5 juin, la clôture de la Conférence s’approche...






HLC : Le projet de déclaration

Alex Danau, 4 juin 2008
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L’enjeu de la Conférence de haut niveau est la sécurité alimentaire mondiale dont l’intérêt est relancé par la flambée des prix alimentaires. Il s’agit, pour les Etats, d’adopter une déclaration en la matière.

La dernière version, distribuée aujourd’hui (HLC-08-03 ) me parait être plus équilibrée que celle que j’avais lue auparavant (draft du 26 mai). Plus courte, le corps de la déclaration se compose de trois parties, la première portant sur les mesures à court terme, la seconde sur les mesures à moyen et long terme et la dernière sur le suivi et l’examen.

Pour les mesures urgentes, le premier et le second paragraphe (4 et 5) vont de soi et visent à augmenter les moyens de l’aide.

Suit le paragraphe 6 composé de quatre alineas. L’alinea a) préconise l’intégration des agriculteurs, les petits en particulier, aux marchés locaux, régionaux et internationaux. Est-on sûr de la cohésion entre ces niveaux ? On peut considérer la présence des niveaux local et régional comme un progrès.

L’alinea b) plaide pour donner un appui à l’accès aux intrants afin d’accroître la production agricole. L’accès aux intrants est effectivement une nécessité pour de très nombreux agriculteurs, mais faut-il pour autant analyser la crise des prix alimentaires par un manque de production agricole et la résoudre en suscitant par tous les moyens une augmentation de la production mondiale ? Ne sommes-nous pas surtout face à un problème de pouvoir d’achat des consommateurs à faible revenu qui comprend une majorité d’agriculteurs dans les pays en développement en particulier ?

Passons maintenant à l’alinea d). Nous voilà au coeur du problème. Une incantation pour terminer le Cycle de Doha cette année encore. Car, pour le groupe de contact "à composition non limitée", l’évidence c’est que la crise actuelle sera résolue par un nouveau bond dans la libéralisation en matière agricole. Cela se traduit par "mettre en place un système agricole international plus équitable et orienté vers le marché", du moins si c’est cette formulation qui est retenue. Mais pas de doute, elles vont toutes dans le même sens.

L’alinea c) supprimé est réapparu entre crochets. Je peux ainsi le découvrir. Il propose aux Etats de prendre des mesures pour limiter les fluctuations (inhabituelles) de prix et de renforcer leurs capacités en matière de stockage de produits alimentaires.

Belle avancée. J’apprendrai lors d’une réunion de concertation avec la Délégation belge que cet alinea est le fait des Philippines.

Lors de cette réunion, nous plaidons pour que la Belgique soutienne ce que nous considérons comme une disposition essentielle, le maintien de l’alinéa e du paragraphe 6. Il est indispensable d’avoir des stocks en suffisance si l’on souhaite assurer la sécurité alimentaire et pouvoir agir sur la stabilisation des marchés.

Sur ce plan, ce ne sera pas suffisant, mais en reconnaître la nécessité est important, particulièrement dans ce contexte où des Délégations continuent à prétendre que la libéralisation est la solution.

Confondant de dogmatisme, d’autant plus que les examens de la mise en oeuvre du cycle d’ Uruguay n’ est pas probant pour les pays les plus en insécurité alimentaire.

Un dernier mot sur le paragraphe 13, qui constitue la troisième partie de la déclaration et concerne justement le suivi et l’examen de la sécurité alimentaire mondiale : "...suivre et analyser la sécurité alimentaire mondiale dans toutes ses dimensions - y compris celles qui sont abordées par cette Conférence...". Est-ce à comprendre que la disparition des instruments de politique agricole et de soutien de l’agriculture suite à la libéralisation sera aussi partie du suivi sur la sécurité alimentaire ?

C’est bien notre souhait, car comment prendre des mesures efficaces si l’on renforce la principale cause de la crise ?


titre documents joints





Rome, mardi matin, la conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale débute

Alex Danau, 3 juin 2008
Mots-clés:

Page web de la conférence

Rome, mardi matin, la conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale débute. Nous nous rendons à la FAO, sous une pluie battante. L’accès à la station de métro Circo Massximo qui déssert la FAO est fermée pour des raisons de sécurité. Nous revoilà sous la pluie. Partant du Colisée, longeant le mont Palatin, nous atteignons enfin l’immeuble de la FAO.

Trempés, nous nous rendons directement á la salle "Slovak" pour disposer de connections internet. Le réseau sans fil rejette certains portables dont le nôtre. Des PC sont disponibles, à cette heure, mais il faudra s’adapter à ce fichu clavier anglo-saxon. Bonjour les accents, le doigté.

Mon téléphone sonne, c’est le bureau. Une équipe de journalistes arrive, c’est quoi au juste les enjeux de ce Sommet des chefs d’Etats ? Les Changements climatiques, incidences pour l’agriculture et l’alimentation... C’était sans compter avec la crise des prix alimentaires, les émeutes de la faim, la baisse du pouvoir d’achat dans tous les pays et un réel risque de récession et de déstabilisation politique. D’une conférence technique, nous sommes passé à un véritable Sommet au chevet de la sécurité alimentaire mondiale.

Pour nous, ONG, le diagnostic est évident, l’agriculture est malade, résultat d’une absence de gouvernance. Toutes les politiques, toutes les organisations internationales ont convergés pour favoriser le commerce internationaldes produits agricoles. La méthode : supprimer le soutien des prix, la régulation des marchés, minimiser les interventions des pouvoirs publics... Bref, les politiques agricoles sont orphelines d’instruments, l’agriculture familiale mise à mal.






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