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CAFEICULTEURS BURUNDAIS FONT APPEL AUX MEDIAS

mardi 22 septembre 2009

Hier le 18 septembre la CNAC (Confédération Nationale des Associations des Caféiculteurs du Burundi) a tenu une conférence de presse pour faire connaître au monde sa déception par rapport aux procédures de privatisation des stations de lavage du café et pour faire un vibrant appel aux médias et à quiconque soucieux du développement agricole au Burundi pour contribuer à un dialogue entre l’Etat et les caféiculteurs. En effet tous les efforts du CNAC visant à ce que les inquiétudes et propositions des producteurs soient prises en compte par les techniciens chargés de la privatisation avaient échoués, et un premier lot de stations de lavage de café a déjà été vendu au rabais à un exportateur (étranger) de café. Le pouvoir de quelques entreprises à travers les techniciens de la Banque Mondiale s’est avéré plus fort que celui de plus 125.000 caféiculteurs réunis au sein du CNAC.

Jusqu’à 2007 les caféiculteurs vendaient leurs cerises de café à plus de 140 stations de lavage de café éparpillées sur les zones productrice de café du pays, et étaient seulement payés après 2 à 3 mois (200 FBU in 2006). Certes depuis 1997 les caféiculteurs avaient commencé à s’organiser au sein des associations de base, lesquelles associations ont par la suite uni leurs forces au sein des unions (2000) au niveau des stations de lavage. A leur tour ces unions (143) ont créé des fédérations (5) qui enfin ont mis en place la CNAC en 2004.
Dans le cadre de la privatisation du secteur café la CNAC , avec l’OCIBU (l’entreprise étatique pour le café)et les autres acteurs du secteur s’étaient convenus sur les modalités d’organisation de la filière. Les stations de lavage et les usines de traitement du café, appartenant à l’OCIBU mais exploitées par les exportateurs allaient désormais rendre des services aux caféiculteurs au lieu d’acheter directement leurs cerises. A cette occasion une grille de rémunération pour les différents acteurs de la filière était convenue. Dans cette grille les caféiculteurs reçoivent 72% du prix de vente au marché international et les autres acteurs reçoivent 28% (dont 4% pour les intrants et l’encadrement). Ce changement fondamental résultait en 2008 à un prix au producteur de 300 FBU/kg c’est-à-dire une augmentation de 50%. Pour la campagne en cours on vise même un prix au delà de 400 FBU.

Pour la suite de la privatisation (exigée par la Banque Mondiale) l’OCIBU doit être supprimée et ses usines de café et stations de lavage doivent être vendues. L’étude qui devrait examiner la stratégie de désengagement de l’Etat n’a certes pas tenu compte des inquiétudes exprimées et les propositions formulées par les caféiculteurs pour rendre la filière durable. Pire, la promesse faite antérieurement par l’Etat, octroyant 25% des actions des stations de lavage aux caféiculteurs n’a pas été maintenue. Cette promesse était une suite logique au retenu automatique pendant des années, d’une contribution par les producteurs pour l’entretien des stations de lavage.
Un premier lot de 13 stations de lavage vient d’être vendu au mois d’août à un exportateur pour un prix d’un peu plus de 70.000 US$ par station, alors que l’UE a récemment financé à raison d’environ 100.000 US$ la remise à neuf de ces mêmes stations. Raison pour laquelle la CNAC parle plutôt de « Soldes » des stations, qui en plus a eu lieu en ignorant certaines clauses de la loi sur la Vente des entreprises publiques et sur conditions émises par le Conseil de Ministres.

Au cas ou ces “Soldes” se poursuivent les caféiculteurs burundais seront bientôt de nouveau dépendants des exportateurs/propriétaires des stations de lavage. Ces dernières sont situées trop loin l’une de l’autre pour constituer une quelconque concurrence entre elles. En outre la préparation de la nouvelle campagne 2010/2011 s’avère très incertain à cause de la vide institutionnel qui risque de se créer entre la dissolution prochaine de l’OCIBU et la création d’une nouvelle autorité régalienne qui ne fait pas usage des acquits du passé.

Frans van Hoof – AFAFO à partir de Bujumbura, ce 19 septembre 2009.

Pour plus d’information contactez la CNAC , M. NTIRANDEKURA Macaire, président

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