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L’investissement agricole au centre de la 40e session du Comité pour la sécurité alimentaire mondiale

Aperçu de quelques résultats et des réunions préparatoires de la société civile

Daniel Van Der Steen, 4 décembre 2013
Mots-clés:

Le Forum du MSC
Le 40e CFS

La 40e session du Comité pour la sécurité alimentaire mondiale
CFS s’est tenue du 7 au 11 octobre 2013 à la FAO.
Elle a été précédée par la tenue du Forum du Mécanisme mondial de la Société civile (MSC), les 5 et 6 octobre.

Le Forum du MSC

Au cours du Forum du MSC, les OSC présentes ont préparé la participation de la société civile au CFS, en finalisant les positions qui avaient été préparées dans le groupes de travail et en nommant les porte-paroles du MSC.

Le Forum correspondait avec la mise en place d’un nouveau Comité de coordination (CC) du mécanisme de la société civile (MSC), après 2 années de fonctionnement de ce Comité de coordination. Les élections avaient eu lieu dans les différentes sous-régions et les gropes sectoriels (constituencies) afin de mettre en place les membres du nouveau CC (mandats sont renouvelables une fois).

Une petite partie des membres actuels a été renouvelée suite à ces élections.
Ce processus a eu lieu pour l’Europe les 12 et 13 septembre à Bruxelles.
On notera que Stineke Oenema (ICCO, présidente de l’EFSG de Concord) a été réélue comme représentante de la sous région Europe occidentale.
Pour l’Europe de l’Est, Willy Shuster (ECO RURALIS, ECVC, Pologne) a été réélu.
Pour l’Asie centrale, c’est Akylbek Rakaev (Association de soutien aux éleveurs du Kirgistan) qui a été élu.

Le 40e CFS


A l’agenda du CFS figuraient les points suivants qui intéressent tout particulièrement le CSA :

1. Discussion sur le niveau des prix agricoles le lundi 7 octobre 2013

Cela s’est fait via une réunion ministérielle organisée par la FAO Graziano da Silva) et le Ministre français de l’agriculture (Stephane Lefol).
La réunion s’est faite sur le même format que l’an dernier, au moment où le second pic de prix agricoles très élevés en 2012 (voir figure 1) provoquait de fortes inquiétudes. A réunion a donc pu se tenir dans un contexte moins tendu qu’en 2012.
Outre le DG de la FAO (Graziano da Silva) et le Ministre français de l’agriculture (Stephane Lefol), ont également participé le Commissaire de l’UE à l’agriculture (Dacian Ciolos), le Président de l’AMIS-système de suivi des prix (Joseph Glauber - USA), les Ministre de l’agriculture de la Thaïlande, l’Albanie, l’Algérie, l’Argentine, Japon, Portugal, Belgique (Sabine Laruelle), Brésil, Costa Rica, Chypre, Egypte, El Salvador, Grèce, Guinée Conakry, un pays d’Asie, Madagascar, Niger, Pérou, Sri Lanka, Soudan, Ouganda, Mauritanie, Azerbaijan, Iran, Italie, Corée, Lithuanie (et 2 autres pays baltes), Mexique, Malte, Vietnam, Roumanie, Timor Est, …
Un compte rendu intégral a été réalisé pour la réunion de 2012 et était disponible en 2013.
Ce compte rendu officiel de la réunion sur les prix de 2012 est disponible en format papier au CSA.

2. Discussion (table ronde politique) sur les orientations pour la discussion sur les investissements agricoles dans la petite agriculture.

Discussion préparée par un rapport du HLPE et sa synthèse (HLPE 5) qui avait été demandé par les gouvernements en 2011.
Enjeu : en 2010, la société civile a empêché que les OIG mettent au point à elles seules les principes pour les « investissements agricoles responsables ».
Elle a obtenu en outre :
- que ces principes soient discutés au sein du CFS
- qu’on gèle la discussion sur ces principes jusqu’à ce qu’on ait finalisé les discussions sur les « Directives volontaires sur la tenure des terres et ressources naturelles ».
En 2011, on a admis certaines choses importantes : que ce sont les petites exploitations familiales qui investissement le plus dans l’agriculture (sous forme de travail plus que de capital) et qu’il convenait donc de privilégier celles-ci dans les orientations.
En mai 2012, le CFS ayant accepté les « Directives volontaires sur la tenure des terres et ressources naturelles », on a commencé en octobre à organiser les discussions au sein du CFS sur les principes des rai. On a notamment prévu des consultations régionales sur cette question.
L’échéance des discussions est prévue pour octobre 2014, mais il y aura une discussion en 2013 sur l’investissement dans la petite agriculture.
En octobre 2013, le CFS a discuté sur base du rapport HLPE.
Ce rapport (sorti en juin) a été bien accueilli et par la société civile et par les gouvernements. Non seulement le CFS a accueilli favorablement le rapport, il s’est également dit d’accord avec les principales recommandations et réaffirme les choses déjà acceptées précédemment concernant l’importance des petites exploitations.
En outre, la « decision box » sur les investissements (c’est-à-dire le cœur de l’avis du CFS sur cette question) correspond assez bien aux orientations du rapport HLPE et réaffirme d’ailleurs l’importance de la petite agriculture.
Après la table ronde a été mené un processus dit des « amis du rapporteur » qui a travaillé une formulation finale de la « decision box », formulation avec laquelle les OSC se sont déclarées satisfaites (même si des compromis ont dû être faits pour trouver l’accord de tous). En plénière, seules quelques modifications mineures ont été faites.
L’importance de ce texte est qu’il va orienter les débats en cours au niveau de la définition des principes des rai qui va se poursuivre en 2014 (y compris avec les conférences/consultations régionales) pour aboutir (prévu) en octobre 2014 par un vote en plénière CFS.
Voir le texte de la « décision box » dans le compte rendu final du CFS (à télécharger)
Le rapport des experts de haut niveau est également un texte intéressant qui contribuera à orienter les débats en cours au niveau de la définition des principes des rai.
Voir le rapport HLPE 6
Référence : HLPE, 2013. Paysans et entrepreneurs : investir dans l’agriculture des petits exploitants pour la sécurité alimentaire. Rapport du Groupe d’experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition, Comité de la sécurité alimentaire mondiale, Rome.
http://www.fao.org/fileadmin/user_upload/hlpe/hlpe_documents/HLPE_Reports/HLPE-Report-6_Investing_in_smallholder_agriculture.pdf

3. Discussion (table ronde politique) sur l’impact des politiques en matière d’agro-carburants sur la sécurité alimentaire.

Discussion préparée par un rapport du HLPE et sa synthèse (HLPE 5) qui avait été demandé par les gouvernements en 2011.
Contrairement à ce qui s’est passé pour les investissements, le SC a estimé que la « decision box » reflétait mal un rapport qui pourtant avait été bien accueilli en général. Le rapport prône notamment la mise en place de politiques qui intègrent les politiques énergétiques, alimentaires et de sécurité alimentaire.
Les OSC souhaitaient que la « decision box » fasse plus clairement apparaître l’impact négatif des politiques de l’UE et des USA sur la sécurité alimentaire et la volatilité des prix, ce qui conduirait à un plus nette condamnation de ces politiques.
Le processus de discussion s’est également fait au travers de la procédure des « amis du rapporteur » qui a travaillé une formulation finale de la « decision box », formulation avec laquelle les OSC se sont déclarées fortement insatisfaites. Notons que les OSC sont aussi représentées dans ce type de réunions, mais elles ne peuvent intervenir que via leurs porte-paroles désignés. Les autres ont observateurs, bien que la petitesse du lieu de réunion limite parfois de fait la présence de ces observateurs.
En plénière, des interventions ont été faites par Mamadou Cissokho, Andrea Ferrante et Thierry Kesteloot.
Dans leurs messages, les OSC estimaient notamment que leurs avis avaient été peu pris en compte, mais ils reconnaissaient néanmoins que les règles du CSA avaient été respectées.
Voir le rapport HLPE 5
HLPE, 2013. Agrocarburants et sécurité alimentaire. Rapport du Groupe d’experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition, Comité de la sécurité alimentaire mondiale, Rome, 2013.
http://www.fao.org/fileadmin/user_upload/hlpe/hlpe_documents/HLPE_Reports/HLPE-Report-5_Biofuels_and_food_security.pdf

4. Autres points en discussion.

Les autres poins en discussion étaient la seconde version du Cadre stratégique global du CFS ; la situation mondiale en matière d’insécurité alimentaire ; le processus de négociation des principes pour un investissement agricole responsable ; la lutte contre l’insécurité alimentaire durant les crises prolongées, le programme de travail, priorités et questions nouvelles ; enfin la stratégie de communication du CSA (notamment pour mieux faire connaitre et asseoir l’autorité (morale) du CFS.
Plus d’infos sur : http://www.fao.org/cfs/en/

5. Autres.

Réunion de contact avec la prochaine présidente (seule candidate) du CFS :
- proche des milieux agricoles (Pays Bas)
- à son programme : modification des procédures de travail du CFS en vue d’une plus grande efficacité et pour avoir de vrais débats

6. Les side events.

Il y a eu 70 demandes de side events mais seulement la moitié a été acceptée (manque de créneaux suffisants durant la semaine) et le CSA a donc dû refuser la moitié.
Voici un aperçu de 2 side events parmi les autres :
- celui organisé par EuropeAfrique en lien avec le groupe régional africain sur les investissements nécessaires en Afrique ;
- celui organisé par les Brésil sur les achats institutionnels.

6.1 CAADP et Afrique.
- Intervention remarquée de Cissokho qui estime que l’Afrique a de grosses potentialités (ressources, maintien de son identité culturelle, une forte demande alimentaire à satisfaire, …) mais que les dirigeants hésitent à investir dans les acteurs africains et privilégient les investissements dans des acteurs étrangers et à l’étranger.
- Intervention remarquée de Cissokho qui estime que l’Afrique a de grosses potentialités (ressources, maintien de son identité culturelle, une forte demande alimentaire à satisfaire, …) mais que les dirigeants hésitent à investir dans les acteurs africains et privilégient les investissements dans des acteurs étrangers et à l’étranger.
- voir en attaché le compte rendu fait par notre Consortium EuropeAfrique.

6.2 Les achats institutionnels.
- Intérêt : tirer les leçons de l’expérience du Brésil
- difficultés à éviter
- Participation de David Nabarro qui « félicite le PAM » pour son changement de culture qui marque le passage à une pratique d’achats locaux (après 30 ans pendant lesquels ils se contentaient d’envoyer des céréales américaines).
- Voir notes (complètes) prises par D Van Der Steen.

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