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Privatisation de la Sonacos : pour le Cncr, l’Etat a déjà choisi

4 août 2003
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Sud Quotidien (Dakar)

4 Août 2003
Publié sur le web le 4 Août 2003

Bacary Dabo

Les organisations paysannes ont vivement rejeté la manière dont l’État du Sénégal veut procéder dans la privatisation annoncée de la Société de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos). Le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (Cncr) dit être en mesure d’acheter les 51 % des parts vendables.

Il estime avoir le pré-sentiment que l’État a déjà choisi son client avant de lancer l’avis d’appel d’offres, en écartant les principaux acteurs qui ont longtemps oeuvré dans le secteur de l’arachide. Ils comptent rencontrer le chef du gouvernement pour que les acteurs sénégalais soient prioritaires dans la privatisation de la Sonacos.

Le Cncr dit oui à la privatisation de la Sonacos, mais réfute la manière dont l’État du Sénégal l’organise. Une décision rendue publique lors du point de presse animé par son président d’honneur, Mamadou Cissokho, hier, dimanche 3 août, à Dakar . A la suite de la parution de l’avis d’appel à la manifestation d’intérêt en vue de la privatisation de la Sonacos, le Cncr affirme que " l’État du Sénégal veut écarter les organisations paysannes, les transformateurs, les commerçants et les transporteurs, ayant longtemps joué le jeu pour que cette usine puisse tenir"

Le Cncr dit être prêt à 51% du capital, affirme Mamadou Cissokho.

Il décrie le fait que l’État exige, à l’investisseur ou au groupe d’investisseurs, d’inclure au moins un opérateur professionnel expérimenté du secteur de l’agro-alimentaire et du négoce de matières premières. Mais aussi du fait que l’investisseur doit présenter une situation financière de bon standing.

Des exigences qui donnent au Cncr le pré-sentiment " que l’État a déjà trouvé un client à qui il veut vendre les 51 % de ses parts ".

Selon Mamadou Cissokho, " on nous avait dit qu’il y a une forte volonté politique pour que nous puissions bénéficier des actions. Jusqu’à présent, nous n’avons pas rencontré les autorités compétentes pour qu’on puisse nous dire ce qui est prévu pour nous ".

Pour le président d’honneur du Cncr, " les usines de la Sonacos jadis gérées techniquement par des Sénégalais, n’ont jamais rencontré de problème à ce niveau ".

Le problème, selon lui, " tourne autour de la gestion financière. " Une affirmation rejetant l’obligation du gouvernement qui cherche un repreneur qui va s’engager dans la gestion de l’entreprise.

Éviter le scénario de la Senelec

Le Cncr veut éviter une privatisation précipitée causant les dérapages capables de mettre en cause les intérêts de la majorité des Sénégalais.

L’organisation qui regroupe les producteurs veut que l’État suive l’évolution normale des préalables signés depuis le mois de janvier dernier pour que " ceux qui vont être intéressés pour la Sonacos puissent être rassurés en réglant les problèmes des semences et de la commercialisation qui ne font que commencer mais également la restructuration du Comité national de l’interprofession de l’arachide (Cnia). "

Ils exhortent ainsi l’État à prendre les dispositions nécessaires " pour ne pas reconduire le même scénario que celui de la Sénélec. ".

Le Cncr, actuellement en concertation avec des organisations d’acteurs évoluant dans la filière arachidière, se dit " être prêt à acheter les parts vendables de la Sonacos. " Il affirme être en pourparlers avec les deux Unacois, les organisations de transporteurs.

Il compte également rencontrer le personnel de la Sonacos pour l’impliquer dans le combat. Une rencontre la plus rapide possible avec le chef du gouvernement est également envisagée pour lever les équivoques.

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