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Forum "Comment les exploitations familiales peuvent-elles nourrir le Sénégal" les 29, 30 novembre et 1er décembre à Dakar

Julie Gabriel, 26 novembre 2010
Mots-clés:

La performance et la productivité des exploitations familiales
La maîtrise de l’espace
La construction d’un nouveau tissu économique et social pour mieux vivre en milieu rural
Ouverture

Du 29 novembre au 1er décembre prochains, à Dakar, se déroulera le forum international co-organisé par le CNCR et la FONGS sur la question “Comment les exploitations agricoles familiales peuvent-elles nourrir le Sénégal ?”. Pendant 3 jours, c’est environ 500 participants nationaux et internationaux qui prendront part au débat.

Aujourd’hui, 51% des Sénégalais vivent en milieu rural. Le pays possède une réelle capacité d’amélioration de sa productivité puisque déjà environ 70% de la nourriture consommée y est produite. Le respect de certaines conditions est indispensable pour aboutir à l’autosuffisance du Sénégal.
Pour améliorer les performances des exploitations familiales, le forum s’axera autour de 3 thématiques. Tout d’abord, il faut repenser l’approche de la productivité des exploitations familiales. Ensuite, il faut assurer les conditions pour qu’elles maîtrisent mieux leur espace et renouvellent leurs bases de ressources naturelles. Enfin, il faut que ces exploitations soient intégrées dans une économie et une société rurale mieux orientées vers ces dernières.

Toutes ces questions, abordées ci-dessous, seront discutées lors du forum qui regroupera les organisations paysannes autonomes du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest, les organisations de la société civile sénégalaise, les ministères et directions techniques nationales et les partenaires au développement. Ce forum, qui intervient à un moment crucial de l’histoire économique et sociale du pays (le Sénégal est actuellement le pays le plus dépendant sur le plan alimentaire en Afrique de l’Ouest), est légitimé par la nécessité de :
- rendre visible la place, le rôle et la contribution des exploitations familiales et de leur organisation à la sécurité alimentaire,
- alimenter le plaidoyer (et le lobbying) en faveur de l’agriculture familiale auprès des pouvoirs publics, des autres organisations du secteur privé, de la société civile et des partenaires techniques et financiers,
- susciter des propositions de politiques agricoles et de développement rural que portera le mouvement paysan ouest africain (ROPPA) et continental (PAFFO).

La performance et la productivité des exploitations familiales


Il est important de miser sur les exploitations familiales puisqu’elles représentent 95% des exploitations agricoles du pays. De plus, elles contribuent déjà à presque 70% de l’alimentation des familles sénégalaises. Elles produisent l’essentiel des biens consommés et conditionnent la sécurité économique d’une part de la population puisqu’elles créent des emplois (aux niveaux de la transformation, du transport et du commerce des produits primaires).

La productivité des exploitations familiales peut progresser de façon importante. Sur certaines filières et sous certaines conditions, la production a connu d’énormes baisses (c’est le cas des rendements sur l’arachide et le mil qui ont diminué de 50% en 40 ans) mais l’on voit que des exploitations arrivent à inverser ce mouvement. De plus, les exploitations familiales ont de considérables marges de progression compte tenu de la diversité des types d’exploitations et de la part importante d’entre-elles qui sont capables d’augmenter encore leurs productions et de créer des surplus.

Cependant, des obstacles freinent ces progressions. L’augmentation de la population a fortement réduit la surface moyenne cultivée par actif ; le retrait de l’Etat a perturbé l’approvisionnement du matériel et a rendu le crédit plus rare et plus cher ; l’ouverture des importations a provoqué une plus forte concurrence sur les marchés nationaux et à l’exportation ; la dégradation de la pluviométrie bouleverse les récoltes ; …

Pour améliorer durablement les performances des exploitations familiales, il faut donc :
- créer un environnement favorable aux exploitations : investir dans les infrastructures et équipements structurants, mieux organiser les services économiques, stabiliser les prix des produits agricoles et des facteurs de production, appuyer l’innovation technique et garantir la sécurité foncière,
- accompagner la modernisation des exploitations : renforcer l’efficacité économique, adapter l’organisation interne, la prise de décision et la gestion et prendre en compte les intérêts spécifiques des femmes et des jeunes,
- prendre en compte l’amélioration de la productivité globale des exploitations : en agissant sur leur autonomie alimentaire, sur la capacité d’augmentation durable de la production agro-sylvo-pastorale, sur la capacité d’accès à un crédit adapté, ….

Les organisations paysannes reconnaissent que l’Etat fait des efforts pour faire de la sécurité alimentaire une priorité nationale et les exploitations bénéficient de moyens dans le cadre de programmes publics. Mais ces efforts devraient être orientés explicitement vers les exploitations familiales, leurs modalités de mise en œuvre devraient être définies de façon concertée et plus transparente et ils devraient être inscrits dans la durée.

La maîtrise de l’espace


L’espace et les ressources naturelles ne sont pas illimités. 65% des terres cultivables sont exploitées chaque année (soit 2,5 millions sur 3,8 millions). La forte croissance démographique depuis les années 1960 a réduit la surface par actif de moitié. De plus, depuis des années, ce sont des pluies de plus en plus irrégulières et en baisse qui irriguent le pays, ce qui contribue à dégrader la qualité des terres exploitées. Mais les autres ressources se dégradent aussi : les ressources halieutiques sont menacées et on observe une dégradation des pâturages.

Les exploitations familiales gèrent la plus grande partie de l’espace et des ressources naturelles et jouent un rôle central dans l’utilisation et la gestion des autres ressources (animales d’élevage et pêche).

Plusieurs formes de concurrence réduisent la maîtrise de l’espace par les exploitations familiales :
- l’extension des villes empiète sur des terres agricoles,
- l’implantation de sites touristiques absorbe l’espace maritime et génère de la pollution,
- l’exploitation des mines réduit les surfaces agricoles et
- des projets d’agrobusiness sont prévus.

Les performances des exploitations familiales ne peuvent être améliorées qu’avec une meilleure maîtrise de l’espace et une gestion durable de celui-ci. Il existe plusieurs situations d’exploitation différentes : les exploitations qui ont de l’espace disponible et bien exploité (dans ce cas, les bonnes terres sont souvent convoitées et une saturation de l’espace est prévisible), les exploitations qui ont de l’espace disponible mais qui est sous-exploité (les terres sont soit dégradées, soit il y a un déficit d’aménagements hydro-agricoles, soit il y a de l’insécurité) et les exploitations qui manquent d’espace.
Il faut donc trouver des solutions adaptées à la variété des situations. Des propositions dans les domaines suivants sont présentées : la garantie de la sécurité foncière, la gestion durable des ressources, la mise en œuvre de programmes d’amélioration de la production, …

La construction d’un nouveau tissu économique et social pour mieux vivre en milieu rural

Le Sénégal est confronté à 4 grands défis qui peuvent être relevés par la contribution des exploitations familiales à travers l’émergence d’une nouvelle économie. Les 4 grands défis sont les suivants : la sécurité alimentaire, la maîtrise de l’espace et la gestion durable des ressources naturelles, l’emploi des jeunes et l’amélioration des conditions de vie et des revenus (57% de la population est pauvre).

Le monde rural a les moyens de participer au développement national à partir du développement de ses propres économies et sociétés mais il n’est cependant pas assez mis en valeur.

Les exploitations familiales intégrées dans des économies et sociétés rurales sont dans des situations différenciées ; elles sont de 3 types :
- type 1 : « économies et sociétés basées sur l’agriculture » à 2 caractères (moderne et traditionnel)
- type 2 : « économies et sociétés instables » (l’avenir de l’activité est incertain)
- type 3 : « nouvelles économies et sociétés » (type d’économie basée sur des ressources autres que l’agriculture).

Le monde rural pourrait contribuer au développement national à l’aide de plusieurs stratégies :
- en renforçant le dynamisme des espaces économiques régionaux,
- en renforçant le financement des investissements publics et privés,
- en promouvant la qualification et l’emploi des femmes et des jeunes,
- en renforçant la décentralisation et en améliorant la gouvernance aux différents niveaux et
- en améliorant les conditions de l’insertion du Sénégal dans le commerce international.

Ouverture


Un débat nécessaire aujourd’hui réside sur 3 questions :
- quel sera le devenir du paysan sénégalais ?
- quel sera le devenir du monde rural sénégalais ?
- quel sera le devenir du mouvement paysan ?

Ce sont autant de questions que le forum permettra d’introduire et sur lesquelles les acteurs présents devront se prononcer.

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