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3e Convention extraordinaire et 5e Convention ordinaire du ROPPA

Alex Danau, 7 mai 2010
Mots-clés:

La 3e convention extraordinaire
La 5me Convention ordinaire

Le Réseau des Organisations Paysannes et des Producteurs Agricoles de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA) a organisé du 4 au 7 mai 2010 en Côte d’Ivoire, sa 3me Convention extraordinaire et sa 5éme Convention Ordinaire.

La 3e convention extraordinaire

La 3e convention extraordinaire a procédé à une adaptation des statuts du ROPPA (voir la résolution).

Les modifications enregistrées ont tourné autour :

- du préambule dans le quel désormais la vision du ROPPA, ses principes directeurs ont été affirmés ;
- Du changement de dénomination du comité exécutif qui devient conseil d’administration. La composition du Bureau qui était de Un Président et deux Vice- présidents devient un Président et quatre vice-présidents.
- Le mandat des délégués du conseil d’administration qui est passé à quatre ans renouvelable une fois ;
- De la tenue de la convention une fois tous les deux ans ;
- de la transformation de la cellule d’exécution technique en secrétariat exécutif divisé en département et services ;
- de la création des commissions techniques et thématiques pour une meilleure prise en compte des filières dans le dispositif organisationnel et institutionnel du ROPPA ;
- de l’intégration effective des dispositions relatives aux différents espaces de concertation : collège des jeunes, collège des femmes, pool des conseillers ;
- de la création d’auditeurs internes.

La 5me Convention ordinaire

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Séance d’ouverture de la 5e convention du ROPPA

La 5ème Convention Ordinaire du ROPPA s’est tenue à Grand-Bassam en Côte-d’Ivoire du 5 au 7 mai 2010. Les douze membres du ROPPA ont été tous représentés.

La Convention a également enregistré la participation d’une délégation des OP du Libéria, d’un représentant de la PROPAC (Plateforme Régionale des Organisations Paysannes de l’Afrique Centrale), du collège des femmes du ROPPA, des OPA du Nord (Europe et Canada) et des partenaires techniques et financiers du ROPPA.

La Convention a ensuite examiné et adopté les documents suivants :

- le rapport moral du Président du Comité Exécutif
- le rapport d’activités du Comité Exécutif pour la période 2006-2009
- le rapport de l’évaluation externe du ROPPA pour la période 2000-2006
- le rapport financier du ROPPA pour la période 2006-2009
- le plan quinquennal 2010-2014 du ROPPA
- le rapport d’activités de chacune des 12 plateformes nationales membres

La Convention a eu des échanges autour des thèmes suivants :

- assurer la sécurité alimentaire dans un contexte de pression croissante sur les ressources naturelles
- les exploitations familiales peuvent-elles s’organiser pour accéder aux marchés ? Quels outils et instruments politiques pour les y aider ?
- la prise en compte des filières au sein du dispositif organisationnel du ROPPA
- le bilan d’activités du Collège Régional des femmes (voir ci-joint la résolution du collège des femmes)

La Convention a également procédé au renouvellement des délégués des Plateformes Nationales au Conseil d’Administration du ROPPA. Ces derniers ont à leur tour formé le bureau du ROPPA dont la composition a été approuvée par la Convention.

A l’issue des échanges sur tous ces points, la Convention a retenu les conclusions ci-après (Voir ci-joint la résolution finale complète) :

1- Sur les rapports relatifs à la vie, aux activités et aux finances du ROPPA

Sur la période 2006-2009, le ROPPA a engrangé des résultats appréciables : le Réseau a contribué à la préparation de l’ECOWAP, au PRIA et aux Programmes Mobilisateurs de la CEDEAO. Pour chacun de ces politiques ou programmes, le ROPPA a fait prendre en compte les particularités, les intérêts et les préoccupations de l’agriculture familiale et des exploitations familiales agricoles.

Concernant le continent africain, le Réseau a été un leader dans la construction de la PAFFO. Au plan international, le ROPPA a poursuivi et consolidé les partenariats stratégiques avec les OPA sœurs de l’Europe et de l’Amérique, ce qui a permis de mieux faire entendre la voix de l’agriculture familiale et des exploitations familiales agricoles au sein des instances internationales de décision, de régulation et de suivi des politiques agricoles.

Face aux défis de rendre notre région souveraine sur le plan alimentaire et de garantir aux exploitations familiales agricoles un avenir sécurisé, la Convention a retenu qu’un accent particulier et intense sera donné aux activités qui permettent d’accroître l’offre de produits agricoles, animaux, halieutiques et sylvicoles mais aussi de dynamiser le marché régional. Pour se faire, le ROPPA, les plateformes nationales membres et leurs OPPA faîtières devront davantage se focaliser sur la maîtrise économique et technique de leurs activités et métiers. La Convention a également exhorté les plateformes nationales membres à consolider et renforcer à la fois la cohésion du mouvement paysan régional et la cohérence dans les positions et les visions promues et défendues.

Pour cela, la mobilisation sociale et financière des plateformes nationales, l’amélioration de la gouvernance de leurs affaires, l’inclusion des femmes et des jeunes sont indispensables pour conforter la position et les capacités de chaque plateforme nationale à influencer les politiques publiques nationales et à accéder aux ressources publiques nationales.

La Convention a donc adopté le rapport d’activités du Comité Exécutif pour la période 2006-2009 et a également pris acte des recommandations de l’évaluation externe du ROPPA. Elle a demandé au Conseil d’Administration du ROPPA de finaliser les mesures opérationnelles issues des recommandations de l’évaluation externe, plus particulièrement la coordination de la finalisation de l’audit institutionnel et organisationnel de la CET (Cellule d’Exécution Technique) du ROPPA.

La Convention a également donné quitus aux membres du Comité Exécutif sortant en ce qui concerne le rapport financier sous réserve cependant que les audits des exercices couverts par le rapport financier soient diligentés et qu’ils ne présentent pas de réserves majeures.

2. Sur les rapports d’activités des 12 Plateformes Nationales

Chacune des 12 Plateformes Nationales a informé la Convention sur ses principales activités. Celles-ci ont concerné le renforcement des capacités des OPPA, la participation à l’exécution et au suivi de programmes et projets publics de développement agricole et rural, le développement de partenariats multiples entre la Plateforme Nationale, les OPPA et les autres acteurs de l’économie nationale.

La Convention a constaté avec satisfaction que chacune des Plateformes Nationales a connu des progrès malgré l’environnement institutionnel et politique parfois difficile dans certains pays. La Convention a recommandé au Conseil d’Administration du ROPPA d’être attentif aux soutiens à donner à certaines Plateformes Nationales en vue de faciliter ou/et de consolider les relations indispensables de partenariat entre les pouvoirs publics nationaux, la Plateforme Nationale et les OPPA.

3. Sur les thématiques relatives aux ressources naturelles, à l’accès des exploitations familiales aux marchés domestiques et régionaux, à la place des filières au sein du ROPPA et au collège des femmes

La Convention a manifesté ses inquiétudes sur les proportions de plus en plus grandes récemment apparues en ce qui concerne la cession de terres agricoles à des entreprises privées étrangères, à des particuliers étrangers, sans oublier les élites nationales. La Convention a recommandé au Conseil d’Administration du ROPPA de diligenter l’élaboration d’un système de suivi et d’alerte permettant de fournir aux plateformes des bases réelles d’appréciation de l’accaparement des terres et conséquemment de mobilisation sociale des exploitations familiales agricoles pour limiter voire enrayer cette nouvelle spoliation du patrimoine foncier de la région. Elle a également demandé au ROPPA d’engager le dialogue et l’interpellation des Etats et des OIG (Organisations Inter-Gouvernementales) sur ce phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur.

La Convention a également retenu que les plateformes nationales et leurs OPPA faîtières devront prendre conscience de la nécessité d’accélérer la transformation des systèmes de production afin de préserver et d’user plus judicieusement des ressources naturelles. Dans ce sens et à leur niveau, elles devront, en lien avec les systèmes nationaux de recherche agricole, intensifier la promotion de technologies et de techniques déjà éprouvées. Elles devront également, dans les pays, sonner la mobilisation afin de convaincre les gouvernements à investir davantage dans le secteur agricole et à créer un environnement incitatif et favorable pour le financement, la protection du marché domestique et le renforcement des capacités, notamment des femmes et des jeunes.

Concernant l’accès aux marchés des exploitations familiales agricoles, la Convention se félicite des multiples initiatives endogènes en cours dans les pays et conduites par les OPPA faîtières avec le soutien de leurs plateformes nationales, des pouvoirs publics et des partenaires financiers des Etats. La Convention recommande au Conseil d’Administration du ROPPA d’entreprendre le plus vite possible une capitalisation des expériences et d’organiser le partage des leçons apprises.

La Convention a noté pour le déplorer les multiples entraves à la libre circulation des biens et des personnes au sein de la région et ce, malgré les courageuses décisions prises par les Etats au sein des plus hautes instances de la CEDEAO.

La Convention a pris bonne note des opportunités actuelles et futures induites par une demande croissante de produits alimentaires d’une population ouest-africaine en croissance. Pour réaliser ces opportunités en faveur des exploitations familiales agricoles, la Convention considère comme un impératif pour les plateformes nationales et leurs OPPA faîtières de travailler davantage sur la qualité au triple plan du produit, de l’information et de l’organisation. Il conviendra aussi d’accompagner les exploitations familiales agricoles à mieux organiser et gérer leurs activités dans une logique d’entreprise. L’ensemble de ces actions a pour but de rendre les produits agricoles, animaux, halieutiques et sylvicoles locaux compétitifs.

La Convention a analysé le contexte économique, politique et social de la région au regard de son ambition d’atteindre la souveraineté et la sécurité alimentaire. Il en ressort la nécessité d’augmenter durablement les productions de céréales, notamment du riz, de lait, de viande blanche, etc… Pour se faire, la Convention a reconnu et accepté l’importance des filières et leur prise en compte par le ROPPA.

La Convention a demandé au Conseil d’Administration du ROPPA de créer un espace au sein de son dispositif organisationnel dédié aux filières. Cet espace permettra d’organiser les concertations entre les OPPA des filières retenues comme prioritaires. La concertation pour chaque filière aura un statut consultatif. Les membres de la concertation représentant chaque pays seront désignés par la Plateforme Nationale.
Concernant les modalités de travail de chaque concertation de filière, la Convention recommande que le programme d’activités défini par chaque concertation soit assorti d’un budget et soumis à l’approbation du Conseil d’Administration du ROPPA. L’exécution du programme de travail sera du ressort de la concertation de filière qui rendra compte au Conseil d’Administration du ROPPA qui assurera également la fonction de suivi. Cette proposition pourra être expérimentée durant trois ans au bout desquels une évaluation externe sera conduite aux fins de documenter les résultats et de permettre à la prochaine Convention de donner une suite.

La Convention recommande au Conseil d’Administration du ROPPA de finaliser la proposition ci-dessus et avec l’appui de personnes-ressources, de convoquer un atelier de lancement de cet espace pour les filières.

La Convention, considérant les ressources financières limitées et la nécessité de progresser dans l’expérimentation de cet espace, a recommandé au Conseil d’Administration du ROPPA de débuter avec les filières suivantes : riz, horticulture, bétail-viande, lait et pêche.
La Convention a également insisté sur le caractère itératif à imprimer à l’expérimentation de cet espace, c’est-à-dire la nécessité pour les Plateformes Nationales et leurs OPPA de restituer les échanges et décisions du niveau régional aux exploitations familiales agricoles et d’impliquer le plus possible ces dernières dans l’élaboration des propositions à discuter au sein de chaque concertation de filière.
La Convention a bien noté la forte implication des femmes des CNOP dans la promotion de l’Afrique Nourricière, notamment les initiatives prises pour mieux faire connaître et réhabiliter les produits locaux et les habitudes alimentaires.

Le Collège des femmes réaffirme son engagement et sa détermination à poursuivre et à élargir le dialogue et la concertation entre les femmes au sein des instances compétentes du ROPPA et des CNOP, renouveler et porter toujours les revendications et les propositions légitimes des femmes en vue de trouver des solutions durables à l’ensemble des problèmes qui limitent l’expression et la valorisation du potentiel des femmes dans le Réseau.

3. Sur le programme quinquennal 2010-2014

La Convention a examiné le programme quinquennal 2010-2014. Les délégués ont fortement souligné l’impérieuse nécessité d’une mobilisation financière interne des Plateformes Nationales et des OPPA faîtières dans le financement des activités prévues. Cela devra se traduire par une stratégie claire de financement du programme. En outre, les délégués ont suggéré des améliorations des contenus dont le Conseil d’Administration du ROPPA prendra en compte dans la finalisation.

La Convention a approuvé le programme quinquennal et a donné mandat au Conseil d’Administration de finaliser le programme et de conduire les négociations avec les partenaires

4. Sur le renouvellement des délégués des Plateformes Nationales au Conseil d’Administration et sur le bureau du Conseil d’Administration (voir la nouvelle composition ci-jointe)

La Convention a pris acte de la désignation par les Plateformes Nationales et le Collège Régional des Femmes de leurs délégués au Conseil d’Administration du ROPPA. La Convention a également approuvé la composition du nouveau bureau proposé par le Conseil d’Administration.

La Convention s’est réjouie des progrès accomplis dans la fondation de la Plateforme Continentale des OPPA. La Convention a encouragé le Conseil d’Administration du ROPPA à poursuivre ses efforts en vue de faire aboutir avec succès le processus de fondation.

La Convention a félicité Monsieur Ndiogou FALL, Président sortant et l’ensemble des membres du Comité Exécutif pour tous les services rendus au mouvement paysan régional, continental et mondial. La Convention lui demande de continuer à accompagner le nouveau Conseil d’Administration du ROPPA et à partager avec ses délégués toute l’expérience qu’il a accumulée durant ses mandats à la tête du ROPPA.

5. Adhésion des OPPA de Libéria

Apres avoir examiné, les éléments constitutifs de la demande d’adhésion du Libéria et écouté le missionnaire du ROPPA le Président Djibo Bagna auprès de Farmers Union Network of Liberia, la convention a décidé à l’unanimité l’adhésion des OPPA du Libéria.

6. Renouvellement du bureau

La Convention a approuvé la proposition de bureau qui lui a été soumise par le Conseil d’Administration.

Fait à Grand-Bassam, en Côte-d’Ivoire, le 7 mai 2010

Pour la Convention

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