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Assurer le Droit à l’alimentation pour tous en soutenant l’agriculture familiale, le double bénéfice du programme d’acquisition des aliments (PAA) au sein du programme brésilien "Faim zero"

Julie Flament, Marek Poznanski, 26 mai 2009

Crispim Moreira, Secrétaire National pour la Sécurité Alimentaire et la Nutrition au sein du Ministère du Développement Social et de lutte contre la Faim du Brésil a présenté, lors de l’atelier sur « La nécessité de réguler les marchés agricoles » organisé à Bruxelles les 4 et 5 mai 2009, le programme “Faim Zéro” (www.fomezero.gov.br) dont il coordonne la mise en œuvre au Brésil.
Plus particulièrement, il a présenté le programme d’acquisition des aliments (PAA) (lien au PP) qui permet de répondre aux besoins des consommateurs pauvres tout en favorisant l’appui à l’agriculture familiale locale et aux revenus des paysans au moyen d’achats institutionnel.

Programme d’Acquisition des Aliments (PAA)

Le programme Faim Zéro est certainement le programme du gouvernement Lula le plus connu au niveau international, avec une composante phare qui est la « bolsa família », une allocation mensuelle en espèces qui profite actuellement à plus de 10 millions de familles dans le besoin. Ce qui est moins connu, c’est l’articulation du programme "Faim Zéro" avec un autre programme intitulé le "Programme d’Acquisition des Aliments" (PAA) qui consiste à acheter les aliments auprès des agriculteurs familiaux. Le PAA a été créé en 2003 et son objectif est de « garantir un accès en quantité, qualité et régularité nécessaires aux populations en situation d’insécurité alimentaire et promouvoir l’inclusion sociale dans le milieu rural en renforçant l’agriculture familiale ».
Le Conseil de Gestion du PAA, qui est responsable de son application, est coordonné par Crispim Moreira du Ministère du Développement Social et de Lutte contre la Faim et inclu également le Ministère au Plan, Gestion et Budget, le Ministère du Développement Agraire, le Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, le Ministère des Finances, la Compagnie Nationale d’Approvisionnement en Aliments (Conab) ainsi que des Etats et des municipalités.
Le Programme achète à des prix de références qui ne peuvent être ni supérieurs ni inférieurs à ceux pratiqués sur les marchés régionaux. Il y a une limite de 3.500 R$ par an et par famille d’agriculteurs qui bénéficie du PRONAF ; et la même valeur, par semestre, dans le cas spécifique du lait. Les aliments achetés sont destinés aux personnes en situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle, prises en charge par des programmes sociaux locaux ainsi que d’autres citoyens en situation de risque de sous-alimentation comme les indigènes, les habitants de quilombos, les personnes qui vivent dans des campements de la réforme agraire et les déplacés des projets de barrages.
Par ailleurs, si une loi en cours de discussion au Congrès était votée, le PAA pourrait être étendu à l’achat de 30% des aliments nécessaires à un vaste programme d’alimentation scolaire qui existe de longue date au Brésil et qui offre des repas à 37 millions d’enfants.

Un intérêt des OP africaines et de la Commission Européenne

Le temps trop limité durant le séminaire que pour permettre de pleinement présenter le Programme d’Aquisition des Aliments, et au vu de l’intérêt succité par ce thème auprès des participants, une rencontre spéciale a été organisée le 6 mai à laquelle ont pris part les représentants des OP africaines présents à Bruxelles. Il s’agissait en particulier de Ndiogou Fall, président du ROPPA ; d’Elisabeth Atangana, présidente de la PROPAC ; Samba Gueye, président du CNCR ; Dao Bassiaka, président de la Confédération Paysanne du Burkina Faso ; Kolyang Palébélé ; président du Conseil National des Ruraux du Tchad ; Kantarama Cesarie, représentant l’EAFF ; Paluku Mivimba, Sydip/FOPAC, Karanta Assoumane Assane, Plate-forme Paysanne du Niger.
Lors de cette session, le programme a été présenté en détail et s’en est suivi une discussion où les rôles et responsabilités de chacun des intervenants dans le système a été précisé, en particulier le rôle des OP.

Crispim Moreira à également eu l’occasion d’expliquer que le Brésil menait une série de projets de coopération avec les gouvernement de divers pays africains et des Caraïbes autour du programme "Faim zéro" et plus largement autour de la question du développement social. Pour les OP africaines, l’intérêt du programme d’aquisition des aliments et du programme "Faim zéro" passe cependant aussi par l’implication au Brésil des organisations agricoles à tous les niveaux du programme. Et s’il doit y avoir des programmes de coopération internationnaux, il est essentiel de s’appuyer sur cette expérience brésilienne et de construire des partenariats dans lesquels seraient non seulement repris les gouvernements brésilien et africains mais également les représentants des OP brésiliennnes et africaines. Le principe a été retenu par Crispim Moreira et devrait dans un premier temps être mis en oeuvre au Sénégal dans le cadre d’une part du partenariat déjà initiée entre le CNCR et la Fetraf. Ce programme pourrait bénéficier du soutien du Fida dans le cadre de son prochain programme d’options stratégiques pour le Sénégal (COSOP).

Rencontre spéciale entre Crispim Moreira et les représentants des OP africaines

Crispim Moreira a également eu l’occasion d’intervenir à la Commission Européenne au cours d’ un “diner-débat” organisé au sein de la DGDEV le 6 mai et intitulé “Fome Zero : L’expérience du Brésil dans le renforcement des liens entre agriculture familiale et politique sociale”. Il s’agissait d’un échange autour de l’expérience brésilienne auquel ont participé, outre la quarantaine de fonctionnaires de la DG DEV, des représentants des OP d’Asie, d’Amérique Latine et d’Afrique qui ont pu expliquer leur intérêt pour ce type de programme. Philippe Mikos, à l’initiative de cette rencontre, l’a placée dans le contexte de la réflexion de la Commission quant à la réactualisation de sa stratégie sur la sécurité alimentaire qui doit se faire avant la fin 2009, notamment en ce qui concerne le lien entre programmes sociaux et relance de l’agriculture.

Intervention de Crispim Moreira à la Commission Européenne
Intervention de Crispim Moreira à la Commission Européenne

Crispim Moreira a finalement pu présenter le programme “faim zéro” aux ONG européennes du groupe sécurité alimentaire de concord qui se réunissait le 7 mai à Bruxelles.

Présentation du programme “faim zéro†au ONG européenne du groupe sécurité alimentaire de concord

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