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Evaluation du programme 2003-2007

L’évaluation vise à réaliser une évaluation/capitalisation de type essentiellement qualitatif qui permette d’avoir un regard extérieur sur les processus impulsés, les méthodologies adoptées, les outils produits, les acquis et contraintes.

L’objectif global du programme quinquennal du CSA est de contribuer à rendre les politiques agricoles et agroalimentaires plus durables et solidaires.
Objectifs du volet éducation au développement au sein de ce programme :

  1. Sensibiliser les différents secteurs de la société civile belge, européenne et africaine en ce qui concerne les politiques agroalimentaires, commerciales et de coopération et leurs impacts sur la sécurité alimentaire et le développement rural en Europe et en Afrique. Il s’agit de rapprocher les organisations, sur la base d’échanges et de la connaissance mutuelle des points de vue, et d’aider ces groupes à formuler progressivement des positions communes qui intègrent les revendications légitimes des uns et des autres. À travers les organisations touchées, on vise à diffuser l’analyse de ces problèmes dans l’opinion publique en général.
  2. Obtenir que les décideurs aient une perception améliorée des différents aspects de la sécurité alimentaire et, en particulier, des implications sur la souveraineté alimentaire et qu’ils soient conscients que les organisations paysannes ont un rôle essentiel à jouer, en tant que partenaire social, dans la définition des politiques agroalimentaires. Objectif du volet offre de services au sein de ce programme :
  3. Les résultats recherchés par l’action d’ « appui et accompagnement des organisations paysannes » est le renforcement des OP organisées à l’échelle nationale et internationale. Il s’agit de l’amélioration de leurs ressources (humaines et financières) de leur capacité d’analyse et de proposition, le renforcement de leur présence sur la scène internationale et l’amélioration de leur reconnaissance par les gouvernements, les agences de développement et les bailleurs de fonds.

Conclusion

De l’avis de l’évaluatrice, ce programme a largement atteint les objectifs spécifiques qu’il s’était proposé pour cette phase, il a su relever des défis de taille et, en un temps relativement court, il a obtenu des résultats probants, bien qu’il convienne de souligner que certains d’entre eux ne peuvent pas être imputés à ce seul programme et que d’autres ne marquent que le début d’un processus qui doit se poursuivre. D’ailleurs c’était bien dans les intentions des promoteurs de stimuler aussi des processus qui ne pourront produire d’effets que sur le moyen - long terme, à côté d’autres objectifs plus immédiats.

On a démontré aux chapitres 3.1 et 3.2 que le degré de pertinence et d’efficience de l’action est très élevé. Quant à son efficacité (chap. 3.4), les résultats produits sont largement en phase avec les prévisions.
Si on prend maintenant en considération la qualité de ces résultats, eu égard à la logique de l’initiative et aux critères spécifiques utilisés (défis relevés, degré de pénétration des messages forts que le programme souhaitait véhiculer), ainsi que les acquis, il y a lieu d’observer que :
- des succès réellement encourageants ont été obtenus en relation à des objectifs dont la réalisation, ne fût-ce qu‘en termes de déclenchement de processus, se situe sur le court terme et est bien circonscrite, comme par exemple : la facilitation du dialogue entre acteurs qui n’avaient pas l’habitude de dialoguer entre eux, la construction de partenariats horizontaux et d’alliances entre organisations paysannes du Sud et du Nord autour d’intérêts perçus comme communs, la diffusion de concepts novateurs tel que celui de souveraineté alimentaire et leur pénétration même dans des milieux plutôt réfractaires, le lancement de messages à contre-courant (l’Afrique peur se nourrir d’elle-même), mais aussi celle que quelqu’un a appelé « l’alphabétisation » d’autres acteurs, y compris des décideurs, sur le thème des APE et plus généralement des politiques agricoles et de leurs relations avec les politiques commerciales et de coopération, et ainsi de suite ;
- si on prend par contre en considération d’autres objectifs bien plus ambitieux – ex. la reconnaissance du rôle clef joué par l’agriculture paysanne au Nord et au Sud et sa prise en compte adéquate dans les politiques et dans l’allocation des budgets - il est clair qu’il s’agit d’objectifs de longue haleine dont non seulement la réalisation dépasse de loin la durée de ce programme, mais elle dépend aussi de rapports de force qui vont bien au-delà de ses possibilités en tant qu’action d’éducation au développement en Europe ; ils supposent alors l’articulation avec d’autres actions.
Malgré ces limites, on peut affirmer que le programme a favorisé, aussi bien directement qu’indirectement, la reconnaissance et le renforcement d’un des acteurs réellement susceptibles d’introduire des éléments de changement dans le système, c’est-à-dire les organisations paysannes du Sud, en facilitant l’irruption de leaders qui ont derrière eux des millions de personnes sur la scène de décideurs frileux ou peu au fait des réalités et des évolutions en cours en Afrique ou en Amérique Latine. Bien vrai qu’une OPA comme le ROPPA s’était déjà imposée depuis un certain temps sur la scène politique régionale en Afrique Occidentale, mais les activités qui se sont déroulées dans le cadre de ce programme ont amplifié son impact et l’ont étendu sur un rayon d’action bien plus vaste, tant en Europe qu’en Afrique. Par ailleurs, le programme a favorisé aussi de nouvelles alliances, notamment avec des organisations paysannes du Nord, en créant ainsi les conditions pour la construction progressive d’un front commun et d’une plus grande force de changement ;
- l’action menée à différents niveaux par l’ONGD promotrice, lui a valu aussi une reconnaissance accrue de la part d’institutions publiques qui dans certains cas en ont fait une référence sur les thèmes des politiques agroalimentaires, commerciales et de coopération ;
- un des aspects plus intéressants et novateurs de ces actions, a été le mode de fonctionnement, réellement paritaire, entre partenaires du Nord et du Sud, et la légitimation réciproque qui en a résulté : d’une part, tout le monde a reconnu que la spécificité et le succès de cette action résidait dans la place qui était faite aux leaders paysans du Sud, à qui on a facilité la prise de parole à tous les niveaux possibles sans se substituer à eux, ce qui n’est pas du tout fréquent dans le monde ONG ; il faut ajouter à cela la qualité remarquable de leurs interventions, qui a marqué les esprits et a valu au programme et à ses promoteurs une aura peu commune. D’autre part, le ROPPA et ses membres ont tiré profit de l’appui et des capacités stratégiques et techniques de ses partenaires européens qui lui ont facilité des contacts avec des décideurs à très haut niveau, ce qui a sans doute renforcé sa position vis-à-vis des gouvernements africains ;
- un autre aspect reconnu par tout le monde comme novateur a été le fait d’avoir encouragé les partenaires et publics cible européens, et notamment le monde agricole, à aller au-delà des dimensions traditionnelles et désuètes de « Nord » et de « Sud », pour considérer les problèmes de l’agriculture dans leurs dimensions transversales communes. Cela a amené d’une part les agriculteurs à réfléchir sur les modèles, sur les politiques agricoles vues dans leur perspective mondiale et à identifier des stratégies et des pistes d’action communes ; d’autre part cela a amené les ONGD à affiner leurs analyses, et à faire évoluer leur manière d’entendre les activités d’éducation au développement. Plusieurs d’entre elles ont compris que dans nos campagnes de sensibilisation il ne s’agit désormais plus de parler seulement « des problèmes autres », mais de faire le lien avec nos propres problèmes, d’aider nos concitoyens à les percevoir dans leur complexité, par delà les simplifications courantes, et à se mobiliser autrement que par le passé.

Ceci étant dit, il est clair que les résultats obtenus et les processus mis en marche requièrent une poursuite vigoureuse de l’action. Sa durabilité est garantie par le fait que, quoique novatrice, elle ne représente qu’une étape d’un parcours que le CSA a commencé il y a longtemps et qu’il va poursuivre puisque c’est sa raison d’être, partagée et reconnue par ses partenaires tant du Nord que du Sud qui, tous, ont montré qu’ils apprécient son action et souhaitent même qu’elle prenne plus d’ampleur à l’avenir.

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