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La Coordination Européenne Via Campesina

Marek Poznanski, 19 juin 2008
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La Coordination Européenne Via Campesina regroupe depuis juillet 2008 les organisations rassemblées auparavant dans la Coordination Paysanne Européenne (CPE-1986/2008) et d’autres organisations paysannes et de travailleurs agricoles du Danemark, de Suisse, d’Italie, des Pays-Bas, d’Espagne, de Grèce et de Turquie.
Leur objectif principal est la lutte pour d’autres politiques agricoles et alimentaires plus légitimes, plus justes, plus solidaires et plus durables qui sont nécessaires en Europe pour répondre aux enjeux de sécurité alimentaire, de santé publique, d’emploi dans le monde rural et pour affronter la crise alimentaire globale et le réchauffement climatique.
En Europe, chaque jour plus de mille exploitations agricoles disparaissent faute d’une vraie volonté politique de faire vivre l’agriculture paysanne. La Via Campesina exige le développement d’une agriculture paysanne diverse et liée aux territoires et l’application de la souveraineté alimentaire comme cadre d’une nouvelle Politique Agricole et Alimentaire Commune.
Selon La Via Campesina :
-  Une politique publique, une politique agricole européenne doit être définie par les européens et non par l’OMC.
- Oui à un changement de PAC, non à sa suppression.
-  L’emploi agricole et rural doit être une priorité : non à la disparition des paysan(ne)s.
-  La reconnaissance des droits des paysannes.
-  L’accès à la terre, à l’eau, aux semences, au crédit doit devenir un droit. Cela inclut le droit des paysan(ne)s à sauvegarder leurs semences et à améliorer leurs variétés végétales
-  Le soutien à l’installation de jeunes paysan(ne)s.
- Les modes de production qui ruinent l’environnement, consomment trop d’énergie, dégradent la qualité et la sûreté des produits doivent être ré-orientés.
-  L’utilisation des terres agricoles doit être consacrée en priorité à la production alimentaire.
-  La biodiversité doit être sauvegardée : OGM et brevetage du vivant doivent être interdits.
-  La politique de développement rural ne doit pas remplacer la PAC, ne doit pas corriger des défauts de la PAC, mais complémenter la PAC, en développant l’emploi en priorité.
-  Les filières courtes de commercialisation doivent être priorisées par rapport au transport à longue distance et aux marchés internationaux.
-  Les travailleurs agricoles immigrants doivent être traités sans discrimination, avec les mêmes droits que leurs homologues européens.
-  Des règles du commerce international sans dumping, basées sur le droit de souveraineté alimentaire, les droits humains, et le droit international du travail doivent être établies.
-  Les prix agricoles doivent refléter la valeur réelle des produits. Deux conditions sont nécessaires à cela :

  • La maîtrise de la production, afin d’éviter les excédents ou les pénuries
  • L’interdiction de toute forme de dumping à l’exportation (vente à des prix en dessous des coûts de production), en échange de quoi l’UE et les autres pays ont le droit de se protéger d’importation à trop bas prix.
    -  Pour maintenir un monde rural vivant dans toutes les régions,
  • L’agriculture paysanne doit se maintenir et se développer : un soutien européen est nécessaire, en particulier pour les petites exploitations et les régions défavorisées.
  • Le processus de concentration de la production agricole doit être stoppé et la production agricole mieux répartie entre les régions et les exploitations.
  • Les services publics doivent être maintenus et améliorés sur tout le territoire.

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