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Difficile clôture de la Conférence de haut niveau

Alex Danau, 6 juin 2008
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15h30, la salle plénière de la FAO est bondée. Tous attendent la déclaration de la Conférence.

17h45, mal avisé, j’ai réservé le vol de 20h40 pour mon retour, de surcroît avec une compagnie low cost qui dessert Rome via l’aéroport de Ciampino.

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Ce sera difficile d’y arriver avec les embouteillages et les mauvaises liaisons avec cet aéroport. J’arriverai chez moi la nuit bien avancée, sans avoir en poche cette Déclaration.

Le blocage était complet depuis mercredi soir, lorsque le Comité Plénier a tenté l’adoption désormais sans crochets du projet final voir article précédant du blog .Ce fut le même blocage jeudi midi, après une nouvelle suspension de séance devant permettre des négociations à huis clos. Le président se veut résolument optimiste et propose que les représentants des groupes régionaux puissent encore se consulter à 15 heures, différant légèrement la séance de clôture.

En route pour le bureau, ce matin l’esprit un peu embrumé après cette nuit de sommeil trop courte, j’écoute le flash d’information sur la chaîne radiophonique publique belge francophone. La déclaration a été adoptée fort tardivement. L’avis des ONG serait mitigé. Satisfaites que la Conférence ait mis le focus sur l’agriculture, mais déçues que la déclaration n’ait pas clairement statué sur la question des subventions agricoles ni sur celle des biocarburants.

Il me semblait que le discours de ces ONG « anti PAC et anti Farm Bill » avait quelque peu évolué ces dernières années. J’aimerais le vérifier et voir si ce n’est pas la rédaction de notre chaîne de radio qui relaie une information pré formatée par les agences de presse. Toujours est-il que ce type d’information réductrice procède d’un véritable travail de sape qui pollue ce difficile débat sur l’agriculture et l’alimentation.

Cela dit, ces ONG auraient tort de se plaindre, car la déclaration a bel et bien retenu, à notre grand regret, le paragraphe 11 demandant « …la libéralisation des échanges internationaux de produits agricoles en réduisant les obstacles au commerce, et les politiques qui sont à l’origine de distorsions des marchés. » En clair, réduire les barrières tarifaires et non tarifaires ainsi que les subventions à l’agriculture.

C’est bien volontairement que je n’ai pas abordé plus tôt la question des biocarburants, car je suis convaincu qu’elle constitue un véritable leurre dans ces négociations.
Les négociateurs auraient passé plus de 18 heures sur le paragraphe concernant les biocarburants, soit environ un tiers du temps global de l’ensemble des discussions.

C’est considérable pour ce paragraphe qui, par ailleurs, balise le contexte de la production de biocarburants.
Utiles, s’ils sont produits en respectant les trois piliers du développement durable (« développement durable" apparaît trois fois dans ce paragraphe, « durable » quatre fois) et compte tenu de la nécessité de parvenir à la sécurité alimentaire mondiale.

Fort bien, mais combien de temps passé sur la régulation des marchés agricoles ? Sur la nécessité pour tous les producteurs de bénéficier d’une stabilité et d’une prévisibilité des prix pour pouvoir investir et pérenniser leur exploitation ?
Quels efforts les négociateurs auront-ils consentis pour réhabiliter les dispositifs de stockage des produits vivriers ? Assurer la sécurité alimentaire sans stocks permanents est une hérésie.

C’est aussi une incitation à la spéculation, phénomène important dans la flambée des prix, dont la rente est le résultat de la spoliation de tous les ménages de la planète.

La déclaration est muette sur le sujet.


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