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Bruxelles - Mai 2001 : Accès aux marchés d’exportation ou accès à son propre marché ?

12 mai 2001
Mots-clés:

Contexte du séminaire


L’initiative de la Commission intitulée « Tout sauf les armes » offre l’accès aux marchés communautaires pour tous les produits des PMA, sans droits de douane ni contingentement. Cette initiative, approuvée par le Conseil des ministres, participe de la stratégie de négociation de la Commission européenne pour le futur cycle de négociation à l’OMC. L’Union européenne est demandeuse d’un nouveau cycle, ce qui n’est pas le cas des PVD, qui souhaitent tout d’abord parfaire la mise en œuvre des engagements pris à Marrakech.
Les pays riches s’étaient par ailleurs engagés, lors de la réunion ministérielle de l’OMC de Singapour, à ouvrir leurs marchés aux 48 pays les plus pauvres au sujet desquels les Nations Unies organisent une conférence à Bruxelles du 14 au 20 mai prochain, en partenariat avec l’Union européenne.

L’initiative unilatérale de l’Union européenne à l’attention des pays les plus pauvres (PMA) lui permettra peut-être de nouer de nouvelles alliances au sein de l’OMC et elle en aura besoin, car les aides directes à l’agriculture (boîte bleue) et les matières non commerciales, dont les aspects sociaux et la multifonctionnalité de l’agriculture, rencontrent l’opposition directe des PMA et des PVD.

Le principal argument justifiant l’initiative repose sur le bénéfice escompté que pourront retirer les pays les moins avancés de cette ouverture complète des marchés de l’Union européenne. Mais, rien ne prouve qu’il y aura un bénéfice pour ces pays et surtout, que cet éventuel bénéfice profitera aux populations. En particulier, les pays ACP ne sont pas assurés qu’en finale les bénéfices seront supérieurs aux pertes.

Pour ne pas leurrer les citoyens de l’Union européenne ni ceux des pays les moins avancés, il est souhaitable d’identifier plus objectivement le bien-fondé des bénéfices escomptés, et de les mettre en balance avec les effets négatifs que pourrait créer l’ouverture des marchés.

De nombreux représentants d’exploitations familiales et paysannes de différents continents, doutent de la réalité des bénéfices proclamés par le Commissaire P. Lamy et par l’OMC. Ils ont par contre, l’intime conviction que cette nouvelle avancée de l’ouverture des marchés agricoles qui les concernent, hypothèquera plus encore leurs sources de revenus, principalement obtenus par des prix rémunérateurs que n’assurent en aucun cas les marchés internationaux.

La multitude de producteurs familiaux ne souhaitent pas être mis abusivement en concurrence par le biais de marchés internationaux dominés par une oligarchie de firmes transnationales. Ils souhaitent que les spécificités de l’agriculture soient reconnues et considérées, que les décisions nationales ou internationales qui les impliquent intègrent leurs points de vue légitimés au travers des représentants de leurs organisations.

La recherche de solidarité entre les exploitants agricoles des pays riches et des pays pauvres s’exercerait plus effectivement par le maintien de marchés rémunérateurs pour les uns et pour les autres que seule une régulation équitable et universelle des prix et de la production peut assurer. L’évaluation objective des bénéfices et des lacunes du protocole sucre lié à l’organisation commune du marché du sucre, dans le contexte des accords ACP-UE et de la politique agricole commune, permettrait de consolider des instruments de politique agricole et commerciale qui ont fait leurs preuves.

Il faut admettre que cette opinion n’est pas unanimement partagée, bien au contraire, et que de nombreuses ONG souhaitent l’ouverture complète des frontières des pays riches. Elles seront également invitées à débattre de ce sujet.

A contrario, la propension des institutions internationales à pousser les pays pauvres à orienter leurs productions vers les marchés internationaux et à ouvrir leurs marchés comme cela a été le cas dans le cadre des politiques d’ajustement structurel et des négociations agricole de l’Uruguay Round ont contribué à fragiliser l’économie des pays pauvres.

Objectifs


Le processus général de libéralisation et de soumission au marché mondial qui entraîne les agricultures nationales tend à aviver les rivalités et à masquer les concordances plus fondamentales d’intérêt. L’objectif essentiel du séminaire est, à partir d’une réflexion commune, de dégager ces concordances d’intérêt et de rechercher comment des politiques agricoles et commerciales solidaires pourraient être mises en œuvre.

Le séminaire doit permettre de :
- Chercher un accord pour réfuter la référence au marché mondial pour les produits agricoles et pour montrer qu’elle s’oppose à l’agriculture familiale et paysanne et entraîne une modification des systèmes agraires et des modes de production non souhaitée par la plupart des citoyens.
- Démystifier « l’accès aux marchés nationaux » en tant que « droit international » et en tant que « bénéfice » apporté aux populations (dogme du développement basé sur la croissance au travers de la mondialisation). Versus la souveraineté alimentaire.
- Démystifier l’opposition présumée entre les paysans du Nord et du Sud et proposer la lecture en termes d’opposition entre système agraire et système de production.
- Identifier les politiques agricoles et commerciales basées sur la solidarité entre les paysans et entre les citoyens des pays européens, des PMA et des PVD.
- Définir les stratégies ad hoc.

Communiqué de presse commun Via Campesina-ROPPA


Suite au séminaire des 12 et 13 mai 2001 portant sur « politiques agricoles et commerciales solidaires » organisé à Bruxelles par OXFAM-Solidarité, le Collectif Stratégies Alimentaires, la Coordination Paysanne Européenne (CPE), la Confédération des Betteraviers Belges, dans le contexte de la conférence de la CNUCED sur les Pays Moins Avancés (PMA), la VIA CAMPESINA et le Réseau des Organisations Paysannes et de Producteurs Agricoles de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA) ont publié la déclaration suivante : Accès aux marchés d’exportation ou accès à son propre marché ? Dérégulation du commerce, prix mondiaux, ou bien souveraineté alimentaire ?

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